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La biodiversité dans le Bocage. La plante qui aime la tourbe... |
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Le flûteau nageant apprécie le milieu acide du marais du Grand-Hazé. © Ouest-France
Le flûteau nageant prolifère au marais du Grand-Hazé, à Briouze, dans l’Orne. Cette espèce végétale est pourtant en voie de disparition.
Si les eaux tourbeuses du marais du Grand-Hazé, à Briouze, dans l’Orne, sont un refuge pour de nombreux oiseaux migrateurs, ce n’est pas le cas de toutes les plantes. Pourtant, le flûteau nageant (luronium natans pour son nom latin) apprécie tout particulièrement ce milieu acide.
« Le marais du Grand-Hazé est une grande tourbière de 200 hectares. L’eau est très pauvre en oxygène et les matières organiques se décomposent très peu. Cela complique le développement des végétaux », explique Johann Launay, chargé de mission scientifique au CPIE (Centre permanent d’initiatives pour l’environnement) des Collines normandes, à Ségrie-Fontaine.
Mais ce milieu « très particulier » fait le bonheur de plantes « très particulières ». Ainsi, il n’est pas rare de croiser des plantes carnivores – à l’image de la drosera – qui vont puiser dans les insectes les nutriments absents de l’eau du marais. Le flûteau nageant, quant à lui, n’est pas une plante carnivore. Il se développe « en radeau » de façon agrégative et ne supporte ni l’ombre ni la concurrence d’autres végétaux.
Sur la liste rouge des plantes menacées
« Luronium natans est reconnaissable à ses petites fleurs aux pétales blancs et au cœur jaune », décrit Johann Launay. Dans le marais de Briouze, cette plante « très discrète » prolifère et s’étend sur 6 000 mètres carrés. Mais le flûteau nageant est loin d’être une plante invasive. Il est même en voie de disparition et il est classé rouge sur l’échelle des espèces végétales menacées en France et en Allemagne.
Parmi les dangers qui planent sur le luronium natans, il y a l’explosion de la quantité d’engrais utilisés dans les surfaces agricoles, qui par effet de ruissellement atteignent les zones sensibles. « Cela enrichit l’eau en minéraux et favorise d’autres plantes », détaille Johann Launay. L’une des autres explications repose dans la disparation pure et simple des milieux humides. Voilà pourquoi, pour aider à sa préservation, le marais du Grand-Hazé est classé Natura 2000.