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La Chapelle-d’Andaine. SNV a recruté une vingtaine de travailleurs roumains... |
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La société de volailles normandes (SNV) à La Chapelle-d'Andaine, dans l’Orne, abat 350 000 poulets jaunes chaque semaine. © Archives Ouest-France
Face à ses difficultés à trouver des salariés dans le Bocage, SNV, un volailler industriel installé à La Chapelle-d’Andaine, dans l’Orne, confirme faire appel à des intérimaires étrangers.
C’est une arrivée qui n’est pas passée inaperçue dans le Bocage. Selon nos informations, une vingtaine d’intérimaires roumains ont rejoint les lignes de production de SNV, un géant de la volaille installé à La Chapelle-d’Andaine, commune déléguée de Rives-d’Andaine, dans l’Orne. Dans cette usine, 350 000 poulets jaunes, entre autres, sont abattus chaque semaine. De quoi donner du travail à un peu plus de 1 200 salariés et intérimaires. Pas assez pour assouvir les demandes croissantes de l’industriel. Alors, face à la difficulté à recruter localement, SNV s’est tourné vers l’étranger.
« Nous travaillons actuellement avec une agence de travail temporaire qui fait notamment appel à de main-d’œuvre de nationalité roumaine », confirme Nathalie Plouhinec, directrice de l’usine de La Chapelle-d’Andaine, et qui s’accorde avec le chiffre évoqué quelques lignes plus haut. À en croire Didier Dorsy, représentant syndical Force ouvrière, c’est la « première fois » que des intérimaires roumains sont ainsi recrutés. Pas selon Nathalie Plouhinec qui affirme « travailler avec cette agence depuis décembre 2020 ». Et de poursuivre en indiquant refuser « de stigmatiser une nationalité. D’autres salariés étrangers travaillent pour nous. »
Une agence d’intérim française
« Je ne crois pas que leur salaire soit très élevé », avance Didier Dorsy, interrogé sur le contrat de travail que ces nouvelles recrues pourraient avoir signé. De son côté, Nathalie Plouhinec affirme qu’il ne s’agit pas de travailleurs détachés, comprendre payés au taux horaire roumain, et que l’agence qui les a embauchés est « française et soumise au droit français ». Pour les loger, plusieurs agences immobilières ont été contactées.
Ce qui est sûr, c’est que ce recrutement intervient dans une période tendue. En octobre et novembre 2021, les salariés ornais de SNV ont fait grève pour dénoncer leurs conditions de travail et le manque de personnel. Un constat que l’entreprise n’avait pas nié dans un communiqué de presse en admettant sa difficulté à recruter : « Cette situation peut entraîner des difficultés au quotidien pour les salariés présents ». Pour le représentant Force ouvrière, l’origine de cette pénurie est simple : « SNV ne paie pas. Et de promettre : Je vais m’intéresser très fortement à ce dossier. »