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La Ferté-Macé. La boulangerie-pâtisserie ferme sans repreneur... |
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Yves et Brigitte Jeanne, boulangers et pâtissiers de la place Leclerc partent à la retraite le 31 décembre. © Ouest-France
Après 41 ans, Brigitte et Yves Jeanne, largement impliqués dans la vie associative et civique de La Ferté-Macé (Orne), partent à la retraite. Ils restent déçus de ne pas avoir de repreneurs.
Installé 25, place Leclerc depuis octobre 1980, Brigitte et Yves Jeanne tiennent la boulangerie-pâtisserie du Péché Mignon. À 72 et 65 ans, après une cinquantaine d’années de travail chacun, parents de trois enfants, ils fermeront les portes de leur commerce le 31 décembre.
Ils sont originaires de Granville, dans la Manche. Après avoir travaillé comme apprentis et salariés en pâtisserie ou en commerce, « nous cherchions à nous installer. On nous avait indiqué qu’une pâtisserie était à reprendre à La Ferté-Macé. »
Investis dans la vie locale
« Nous sommes donc venus voir ce qu’il en était, dans l’Orne, deux fois en 1979, puis en mars 1980, où nous avons pris contact car la ville nous avait bien plu. »
À la pâtisserie de départ, vient s’adjoindre un dépôt de pain en 1988. Par la suite, Yves et Brigitte Jeanne se mettent à fabriquer eux-mêmes le pain.
Le couple s’est, depuis, bien intégré au village. Yves Jeanne est impliqué dans de nombreuses organisations et associations. Il a notamment été président de l’union commerciale durant vingt-trois ans et administrateur et président de l’office de tourisme. Il est président du conseil des Prud’hommes pour les petits commerces et est délégué départemental de l’Éducation nationale. Il est également responsable du Téléthon Fertois, depuis de nombreuses années. En outre, il a été élu municipal durant vingt-cinq ans dont treize ans comme adjoint de Jean-Marc Mesmoudi. Un emploi du temps très occupé, qui l’a fait devenir un personnage incontournable de la vie fertoise.
Pas de repreneur
Depuis deux ans, le couple essaye de trouver un repreneur pour la boulangerie-pâtisserie. Ils ont bien eu quelques visites (le plus souvent des étrangers), mais sans suite.
« Notre grande déception est que notre commerce ne sera pas repris », insistent-ils.
Selon Yves Jeanne, « nous avons bien travaillé jusqu’au début des années 2000, quand il y avait six boulangeries en centre-ville. Il n’y en a plus que cinq actuellement. Puis, est venue s’ajouter la vente de pains et pâtisseries dans les grandes surfaces et en zone commerciale, à l’extérieur de la ville. Et puis la population diminue et la crise sanitaire a fait annuler de nombreuses fêtes. »
Les commerçants essaieront malgré tout de revendre le matériel de leur boutique.
Ils sont propriétaires des murs et comptent bien « rester habiter à La Ferté-Macé », leur village d’adoption depuis trente ans !