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La plainte de Mohamed Amra pour des violences en prison classée sans suite... |
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Mohamed Amra est détenu à la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne) depuis le 26 février 2025. © STÉPHANE GEUFROI / ARCHIVES OUEST-FRANCE
Le parquet d’Alençon a annoncé, mercredi 7 mai, le classement sans suite de la plainte déposée par le narcotrafiquant incarcéré à Condé-sur-Sarthe (Orne). Il disait avoir été brutalisé par des surveillants.
Plainte classée sans suite. Le narcotrafiquant Mohamed Amra, remis fin février à la France par la Roumanie après une évasion sanglante, affirmait, selon son avocat, avoir subi des violences et menaces de la part de surveillants dans la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne). Le parquet d’Alençon n’y a pas donné suite.
La plainte de Mohamed Amra, déposée contre X, le 24 mars, et dans laquelle il indiquait notamment avoir été « jeté au sol » par des surveillants qui se seraient appuyés « sur son bassin, son bras et sa cheville », a été classée « au motif de l’absence d’infraction, aucun élément ne venant à l’appui des termes de la plainte […] », a indiqué la procureure de la République d’Alençon Laëtitia Mirande dans un communiqué diffusé ce mercredi 7 mai 2025.
Les explications de l’administration pénitentiaire
« Le 24 mars, en milieu d’après-midi, alors qu’il était réintégré dans sa cellule à l’issue d’une fouille, M. Amra a opposé une résistance aux agents avant de porter deux coups de pied dans une grille de sa cellule », avait fait savoir l’administration pénitentiaire, en réponse à la plainte déposée par l’avocat du détenu, qui dénonçait des violences commises « par des fonctionnaires dépositaires de l’autorité publique » et des menaces.
« Se plaignant ensuite de douleurs, il a été pris en charge par l’unité sanitaire (UMSP) en consultation en fin d’après-midi afin de traiter cette blessure légère », avait ajouté l’administration.
Mohamed Amra a engagé une procédure contre ses conditions de détention
Lors de l’évasion de Mohamed Amra, le 14 mai 2024, deux agents pénitentiaires avaient été tués et trois autres blessés par le commando lourdement armé qui avait attaqué le fourgon transportant le détenu multirécidiviste, au péage d’Incarville (Eure).
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Le narcotrafiquant, extradé après son arrestation en Roumanie, le 22 février 2025, au terme d’une cavale de dix mois, se plaint également de ses conditions de détention à Condé-sur-Sarthe, où le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a assuré qu’il était soumis à « des consignes d’une extrême fermeté ».
L’avocat de Mohamed Amra a saisi le juge des libertés et de la détention (JLD) à Paris pour des « conditions de détention indignes ». « Ça a été rejeté et on est en appel », a indiqué Me Benoît David.