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Le château de Carrouges a accueilli 25 000 visiteurs en 2022, une année record... |
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Le château a de nouveau fière allure sans ses échafaudages. © Ouest-France
L’année 2022 est une année record au château de Carrouges (Orne). Les visiteurs ont été en progression de 40 % par rapport à 2019, année précédant la crise sanitaire. Et 2023 s’annonce bien : la chambre de l’évêque, invisible depuis plus de soixante-dix ans, sera ouverte à la visite.
Le château de Carrouges a accueilli 25 000 visiteurs en 2022, en augmentation de 40 % par rapport à 2019 (à noter que 2019 était déjà une année de visites record du Centre des monuments nationaux). Pour cette première année complète d’ouverture au public, depuis 2019, il a largement dépassé sa fréquentation d’avant la crise sanitaire.
« Cette nette augmentation confirme l’engouement des visiteurs porté par une politique ambitieuse de développement avec d’importants chantiers de restauration, la création et l’ouverture des salles de chasse, la modification et l’enrichissement du parcours de visite, une programmation culturelle et touristique variée construite en partenariat avec les acteurs du territoire », indiquent Hervé Yannou, administrateur du Centre des monuments nationaux et François Montambault, administrateur du château de Carrouges.
La chambre de l’évêque, invisible depuis plus de soixante-dix ans

L’alcôve de la chambre de l’évêque. Ouest-France
« L’année 2023 sera marquée par un nouvel événement exceptionnel au château de Carrouges : l’ouverture, en juin, de la chambre de l’évêque, entièrement restaurée et remeublée. Le second étage du pavillon sud-est du château recèle en effet une petite merveille : l’un des rares décors subsistant de la première moitié du XVIIe siècle conservé en France », annoncent les administrateurs.
Orné de boiseries sculptées et de plafonds à compartiments peints, cet exceptionnel appartement conçu comme une œuvre d’art a été commandé en 1648 par Jacques Le Veneur à l’architecte Maurice Gabriel et au menuisier sculpteur François Albot.
Désignée sous le nom de « chambre du plafond » en raison de l’importance de son décor de qualité, elle prit tardivement le nom de chambre de l’évêque.
« Elle était en fait la chambre de parade du comte de Carrouges, flanquée d’un petit oratoire au riche plafond à caissons et aux lambris ornés de motifs sculptés et de peintures, et d’un cabinet doré accueillant objets rares, curieux et précieux, elle était encore en place dans son intégralité au milieu du XIXe siècle avant d’être malheureusement déposée pour consolider les charpentes dans les années 1950. Elle était donc invisible depuis plus de soixante-dix ans », poursuivent Hervé Yannou et François Montambault.
Campagne de restauration
Dans le cadre du plan de relance, la campagne de restauration d’un million d’euros, menée depuis 2022, va permettre de restituer le mobilier, l’atmosphère et tout le raffinement de ces décors où se combinent inspiration classique et tentation baroque. Jacques Le Veneur était un véritable amateur d’art.

L’oratoire (petite chapelle) restaurée. Ouest-France
Les inventaires témoignent de la magnificence de sa demeure : meubles, vaisselle d’argent, objets et surtout tableaux.
Les programmations culturelles seront, elles aussi, emplies de surprises et de diversités avec l’espoir que les acteurs locaux et le public suivront avec enthousiasme.