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Le Mémorial de Montormel reçoit en don une caisse en bois datant de la Seconde Guerre mondiale... |
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Le Mémorial de Montormel, dans l’Orne, a reçu trois dons de particuliers depuis le début de l’année 2025, dont cette caisse en bois qui appartenait aux Allemands. © Ouest-France
En juin 2025, le Mémorial de Montormel (Orne), consacré à la Bataille de Normandie, a reçu en don une caisse en bois ayant appartenu aux Allemands. L’objet révèle la consommation par les soldats d’outre-Rhin de « vitamultin », un complément « dopant ».
Une nouvelle venue au mémorial de Montormel (Orne). Une caisse en bois, entourée de mangeoires pour chevaux et de fûts de carburant, vient compléter la collection du musée. À première vue, l’objet ressemble à un cageot de légumes jetable, au détail près qu’il est étiqueté « SS Vitamultin ».  Là , ça devient intéressantÂ
, s’exclame Stéphane Jonot, directeur du Mémorial.
Et pour cause, la caisse dont le propriétaire a fait don au musée en juin 2025 a été retrouvée dans le grenier d’une maison du Bourg-Saint-Léonard, aujourd’hui commune déléguée de Gouffern-en-Auge. Ce village même où des  combats intensesÂ
ont eu lieu entre Américains et Allemands en août 1944, raconte le passionné de la Bataille de Normandie.
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Durant deux jours, entre le 16 et 18 août, la deuxième division de la SS « Das Reich » et la 90e division d’infanterie américaine s’affrontent sans relâche. Le bourg change plusieurs fois de mains avant que les Américains repoussent définitivement les Allemands.
La vitamultin, un dopant pour les combats
L’objet appartenait donc aux SS intervenus sur place révélant ainsi qu’ils consommaient probablement de la vitamultin durant les combats. Un concentré de vitamines B et C couplé à de la métamphétamine pour accroître leur endurance. Ce complément « dopant » était prescrit à Hitler par son médecin personnel, le Dr Morell qui la produisait lui-même. La vitamultin a intéressé Himmler, le chef de la SS, qui en a commandé pour ses divisions.
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 Ce qui est étonnant et particulier chez les Allemands est l’utilisation d’une telle drogue pour le combat. Les Alliés et les Britanniques vont, par exemple, en utiliser mais dans le cadre d’opérations particulières. Pour le 6 juin 1944, on peut se demander si les troupes n’en avaient pas consomméÂ
, explique Stéphane Jonot.
Depuis ces combats, la caisse abritait des documents notariés retrouvés par les habitants après la destruction de la maison du notaire du Bourg-Saint-Léonard durant la bataille. D’autres dons sont récemment venus étoffer la collection du musée.  Depuis début 2025, on en a eu plus que d’habitudeÂ
, se réjouit Stéphane Jonot. Un panneau de signalisation oublié dans un salon de coiffure par un feldgendarme allemand, a trouvé sa place non loin d’un nouveau couteau de parachutiste allemand à lame rétractable. De ce dernier, l’histoire reste inconnue.