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Mercerie. Les aiguilles Bohin à la pointe de la reprise en Normandie... |
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Audrey Régnier (à droite) et une partie des salariés de la manufacture Bohin, dans leurs locaux de Saint-Sulpice-sur-Risle, dans l’Orne. © DR
Aiguilles, épingles, élastiques, ciseaux, crayons craie… Hormis le tissu, la PME ornaise fabrique et fournit aux merceries ce qui est nécessaire à la confection de masques « faits à la maison ».
« Depuis samedi, c’est la course ! » Au téléphone, Audrey Régnier prend néanmoins le temps de répondre à quelques questions. Une petite pause pour la directrice générale de la Manufacture Bohin, au milieu d’une reprise de folie.
Pour fabriquer les masques
Car depuis un décret paru vendredi 24 avril 2020, les commerces de détail de textile en magasin spécialisé peuvent rouvrir. Ce qui permet ainsi à chaque personne le souhaitant de se procurer les matières premières nécessaires à la confection de masques ou d’autres équipements de protection textile.
Or, la PME ornaise fournit justement une multitude de merceries à travers la France en aiguilles, épingles, élastiques, ciseaux, crayons craie et centimètres qui font le bonheur des amatrices et amateurs de couture. « Parmi nos 2 500 références, il y a tout ce qu’il faut – hormis le tissu – pour fabriquer les masques, mais aussi les surblouses, tout ce qui est textile » , indique la cheffe d’entreprise de 33 ans. Une partie de la production est faite dans l’Orne et une autre achetée auprès de différents fabricants. Bohin ne fournit pas les particuliers, hormis dans sa boutique, ouverte le mercredi après-midi.
Reprise tambour battant
L’entreprise Bohin, qui était à l’arrêt depuis la mi-mars, est repartie tambour battant. Anticipant la reprise, Audrey Régnier et son mari Fabien ont mis les bouchées doubles, bossant « 81 heures la semaine dernière » pour mettre leur société dans les clous, question sécurité et barrières de distanciation. Pas simple quand, en plus, on s’occupe de trois bambins de 3 à 7 ans à la maison…
« Tout est prêt, les protocoles de sécurité sont carrés, les salariés ont tout pour être protégés, indique la jeune femme. Nous avons la chance d’avoir un site très grand, pas besoin de pousser les murs ! » Pour l’instant, un tiers des 36 salariés est revenu travailler. « Il faut adapter : avant et après chaque coup de téléphone, on désinfecte. » Bohin se pique d’être à la pointe de la reprise : « On est tellement heureux de pouvoir retravailler avec les petites merceries qui souffrent depuis un mois et demi… »
Repères
Créée en 1833 dans l’Orne, l’entreprise Bohin est basée à Saint-Sulpice-sur-Risle, près de L’Aigle. C’est désormais le dernier fabricant en France d’aiguilles à coudre, d’épingles à tête de verre et d’épingles de sûreté. La manufacture produit également des articles métalliques pour la mercerie et la papeterie (aiguille, épingle, agrafe, bouton-pression, sûreté, épingle tête de verre, trombone, punaise…).
Depuis 2014, les ateliers de fabrication sont ouverts aux visites et chaque année, de mars à octobre, 15 000 à 20 000 touristes viennent admirer l’espace muséographique où les 27 étapes nécessaires pour fabriquer une aiguille à coudre sont détaillées. « La saison des visites devait débuter le 20 mars, soit trois jours avant le confinement… »
Son chiffre d’affaires est de quatre millions d’euros, dont 30 % à l’export. Depuis 2018, l’entreprise qui emploie 36 salariés est dirigée par Audrey et Fabien Regnier.