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Montsecret. Le Noireau va retrouver son lit primaire... |
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Olivier Houdayer, en charge des travaux, et Patrice Gautier, président de la Gaule Tinchebrayenne, qui se réjouit de ces travaux qui ne pourront qu’améliorer le milieu piscicole. © Ouest-France
Le lit primaire du Noireau est en cours de restitution sur 218 m au moulin de la Mottette. Cela facilitera la remontée des poissons migrateurs.
Olivier Houdayer, technicien rivière à Flers Agglo.
Comment avez-vous reconstitué le circuit du cours d’eau ?
Historiquement le Noireau passait dans ce champ. Mais, au fur et à mesure des années, le bras naturel s’est trouvé comblé au profit du bief qui alimentait autrefois le moulin de la Mottette. Toute l’eau passe dans le bief, le but c’est de remettre les deux tiers du débit dans le bras naturel de façon que les poissons n’aient plus de difficulté à remonter le seuil du moulin.
Il restait un petit fossé dans le champ qui se trouvait en eau uniquement l’hiver, et il a suffi de le suivre. On peut se rendre compte que dans le fond du terrassement que nous effectuons, nous retrouvons les cailloux de l’ancien lit. Ce sont des travaux assez facile pour cette fois. Ailleurs, quand le cours d’eau a été bouché il y a très longtemps, on ne retrouve pas facilement son tracé ni le fond.
Quel est l’objectif de la reconstitution du lit naturel du Noireau ?
Au moment des crues, cela va certainement diminuer les inondations au niveau du moulin avec ce bras de décharge reconstitué. Si on regarde dans le bief, nous avons beaucoup de vase. C’est une eau qui est très lente et qui chauffe avec moins d’oxygène puisqu’elle n’est pas brassée.
En remettant le Noireau dans son lit naturel, on va augmenter la pente. L’eau va courir plus vite et sera donc plus oxygénée et plus fraîche en passant dans les cailloux. La continuité écologique va se trouver rétablie avec la libre circulation des poissons et des sédiments. Nous allons avoir des poissons qui vont remonter facilement le cours d’eau plutôt que s’évertuer à passer sur le seuil au niveau du moulin.
Quelles sont les espèces qui remontent le Noireau ?
Dans le cadre de la restitution naturelle du cours d’eau, nous avons surtout le saumon et l’anguille qui sont des espèces migratrices. Des saumons ont été attrapés jusqu’à Tinchebray. Cela fait plusieurs années que nous en voyons. Lors de la pêche électrique dans le bief, nous avons récupéré cinq jeunes saumons, des tacons.
Ces travaux vont faciliter la remontée de ces poissons migrateurs vers des zones de frayères potentielles. En aval, au-delà de Condé-en-Normandie, nous avons des densités de tacons très importantes. Mais, les frayères sont quasiment saturées. Sur l’amont, nous avons encore de l’espace libre et disponible.
Les propriétaires de moulin ont l’obligation par l’État d’aménager leurs ouvrages pour permettre la remontée des poissons et la descente des sédiments. Ils sont aidés par l’agence de l’eau à aménager leurs ouvrages.
Sur cette opération, il y a 80 % d’aide de l’agence de l’eau et 20 % qui reste à la charge du propriétaire. Cela devrait représenter un montant de 3 500 € environ. La prévision du coût de l’opération est de 22 000 € mais elle devrait être moindre car il y aura moins de cailloux à mettre dans le fond du lit retrouvé.
La Diane aussi
Le programme de restauration et d’entretien des cours d’eau du bassin-versant du Noireau est mené conjointement par Domfront Tinchebray Interco, l’Intercom de la Vire au Noireau et Flers Agglo. Dans le cadre du programme de gestion du bassin du Noireau, c’est la fin de la première tranche, une seconde tranche va concerner la Diane et ses affluents. Des travaux de restauration de la continuité écologique seront menés sur le Noireau, le Vautigé et la Druance.