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Orne. Confinement : Le parquet et la préfecture alertent sur les violences faites aux femmes

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photo pendant le premier confinement, le tribunal d’alençon a reçu moins de plaintes, mais les forces de l’ordre sont intervenues plus souvent pour des violences intrafamiliales. © archives ouest-france 1

Pendant le premier confinement, le tribunal d’Alençon a reçu moins de plaintes, mais les forces de l’ordre sont intervenues plus souvent pour des violences intrafamiliales. © Archives Ouest-France

Lors du premier confinement, les forces de l’ordre se sont déplacées plus souvent pour des faits de violences familiales. Le procureur de la République, François Coudert, souhaite que cette situation ne se reproduise pas au cours des semaines prochaines et réaffirme la vigilance du parquet à ce sujet.

Dans l’Orne, les violences faites aux femmes se sont multipliées au cours du premier confinement, au printemps dernier. Si le tribunal d’Alençon a enregistré une baisse de 30 % de plaintes déposées, les interventions des forces de l’ordre au domicile pour des faits de violences intrafamiliales ont, elles, augmenté de 94 % en zone gendarmerie et 32 % en zone police, par rapport à la même période en 2019, selon les chiffres de la préfecture.

« Le risque est toujours là »

François Coudert, procureur de la République, affirme son souhait que cette situation ne se reproduise pas au cours de ce second confinement, commencé le 30 octobre 2020. « Même s’il y a plus de bulles de liberté, le risque est toujours là, insiste-t-il, en rappelant aux femmes l’importance de porter plainte contre leur agresseur. C’est toujours possible, auprès des forces de l’ordre, ou en écrivant directement au parquet, dans la boîte à lettres du tribunal. Il faut se saisir des dispositifs de remontée. »

Si elles se sentent en danger, les femmes peuvent quitter leur domicile avec leurs enfants à tout moment, sans devoir disposer d’une attestation de déplacement dérogatoire. En cas de danger immédiat, il est possible d’appeler le 17, le 112 ou le 3919, mais aussi d’envoyer un SMS au 114, de contacter le 115 pour un hébergement d’urgence, ou d’utiliser la plateforme d’alerte en ligne.

La possibilité de lever le secret médical

François Coudert mentionne également la possibilité « d’aller voir un médecin pour faire constater les violences ». Le procureur de la République évoque à ce titre l’article 226-14 du Code pénal, qui depuis le 30 juillet 2020, donne aux médecins la possibilité de lever le secret professionnel lorsqu’ils estiment « que ces violences mettent la vie de la victime majeure en danger immédiat et que celle-ci n’est pas en mesure de se protéger en raison de la contrainte morale résultant de l’emprise exercée par l’auteur des violences ».

Concernant les violences sur les enfants, le magistrat se sent « moins inquiet, car beaucoup de signalements arrivent par l’école », et les établissements scolaires accueillent pour le moment toujours leurs élèves. Il précise aussi que l’accord de la victime mineure n’est pas nécessaire pour lever le secret médical.

Des dispositifs locaux toujours actifs

De son côté, la préfecture rappelle que les dispositifs restent en activité pendant le confinement.

Le Centre d’information aux droits des femmes et des familles (CIDFF) de l’Orne maintient des permanences dans certains supermarchés et un accueil téléphonique de 9 h à 12 h 30 et de 14 h à 17 h au 02 33 64 38 92, par mail à l’adresse cidff.orne@orange.fr ou via la messagerie de la page Facebook.

L’accueil de jour Ysos à Mortagne-au-Perche assure un accueil téléphonique au 02 85 52 05 70 de 9 h à 12 h 30 et 14 h à 17 h, du lundi au vendredi, avec une possibilité de prise de rendez-vous physique. Enfin, l’accueil de jour ACJM, à Alençon, maintient les permanences physiques du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h 30.

 
Augustin BORDET.   Ouest-France  

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