|
Orne. L’association Télépharm veut développer la téléconsultation depuis les pharmacies... |
1
Élodie Tessié, titulaire de la pharmacie du Forum, à Argentan, et Christine Genin-Cossin, présidente de Télépharm. © Ouest-France
Expérimentée entre 2020 et 2021, la téléconsultation dans les pharmacies est aujourd’hui en cours de développement dans l’Orne. Une dizaine d’officines adhèrent déjà au projet porté par l’association Télépharm.
Retraitée depuis fin 2020, Christine Genin-Cossin a tenu la pharmacie du Griffon, à Argentan, pendant près de trente ans. En 2019, face aux difficultés d’accès aux soins de certains patients
, elle a créé l’association Télépharm avec Jean-Pierre Blanchère, ancien chef de service du CHU de Caen et professeur à la faculté de médecine (aujourd’hui décédé).
Le but était d’organiser des consultations à distance depuis les pharmacies alors que l’Orne est très concernée par la problématique de la désertification médicale. L’Agence régionale de santé, la CPAM, l’État et l’association Pierre Noal ont financé l’expérimentation, qui a eu lieu entre janvier 2020 et décembre. Le projet a fait ses preuves
, estime Christine Genin-Cossin. L’heure est désormais au développement. Pour cela, l’association doit trouver des financements. Elle estime que 80 000 € annuels sont nécessaires pour faire vivre le dispositif.
« Cela évite des frais de transport et de la fatigue »
Une dizaine d’officines proposent déjà ce service : Argentan (Le Forum et Le Griffon), Rânes, Écouché-les-Vallées, Briouze, La Ferrière-aux-Etangs, La Ferté-Macé (Corbière et des Andaines), Le Sap, Gacé, Flers, Alençon (Leriche) et Mortagne-au-Perche (Croix du Perche). Les pharmacies de Chambois et Lonlay-l’Abbaye doivent suivre.
Les patients peuvent y consulter un médecin généraliste, un dermatologue, un néphrologue, un cancérologue, un diabéto-endocrinologue ou un addictologue. Pour l’heure, le réseau de Télépharm compte dix professionnels, tous issus du département. Les pharmaciens, formés à utiliser des outils connectés (dermatoscope, stéthoscope, otoscope pour les oreilles, caméra pour montrer des plaies), font le lien entre le patient et le médecin qui se trouve devant son écran d’ordinateur.
Les consultations sont prises en charge par l’Assurance maladie. Mais le dispositif n’est pas encore assez connu. À Argentan, la titulaire de la pharmacie du Forum, Élodie Tessié, enregistre en moyenne, une téléconsultation par semaine
. Pourtant, cela évite des frais de transport et de la fatigue aux malades. Et c’est un système qui ne coûte pas cher à la société
, appuie la présidente de Télépharm.