Accueil Info Info en continu Orne. Le bois, une matière première qui se fait rare pour les professionnels du secteur

Orne. Le bois, une matière première qui se fait rare pour les professionnels du secteur

...
photo  emmanuel besson, gérant de la scierie besson frères depuis deux ans.  ©  ouest-france 3

Emmanuel Besson, gérant de la scierie Besson frères depuis deux ans. © Ouest-France

Compliqué pour les professionnels du bois dans l’Orne de se fournir en matière première. L’exportation du bois notamment en Chine ou aux États-Unis est un problème majeur.

Nous avons bloqué l’affichage de ce contenu pour respecter vos choix en matière de cookies.
En cliquant sur «Consulter», vous acceptez le dépôt de cookies par des services de contenus vidéo et audio

« Tout part à l’étranger. On ne sait plus comment se positionner », déplorent, unanimes, les menuiseries et les scieries de l’Orne. Comme nombre de professionnels en France, les entreprises du département spécialisées dans le bois accusent le coup. Compliqué pour elle de se fournir en matière première car les prix s’envolent.

En cause : les États-Unis (pour les résineux) et la Chine (pour le chêne) qui achètent massivement le bois en Europe. La Chine a décidé, en 2017, de mettre un terme à l’abattage de ses forêts pendant 99 ans. C’est désormais en France qu’elle trouve son bonheur, au grand désespoir des professionnels locaux du bois.

Une pétition pour préserver le bois français

Pour faire entendre leur voix, une pétition en ligne a été lancée par la Fédération nationale du bois, en juillet 2021, contre l’exportation de grumes (bois encore couvert de son écorce). Elle a notamment été signée par la scierie Besson frère, s de Rânes, et la scierie Corbière, à Champsecret.

« Les scieries européennes sont aujourd’hui en danger de mort si rien n’est fait. En France, il y a environ 500 scieries. Un chiffre qui est en constante baisse », déplore Vincent Corbière, gérant de la scierie Corbière, à Champsecret. En 2020, ce sont 18 millions de grumes de résineux qui ont été captés par des pays hors Europe : un doublement par rapport à 2019, peut-on lire sur la pétition.

photo les stocks de grumes, recherchés par les chinois, sont importants à la scierie besson frères de rânes.  ©  ouest-france

Les stocks de grumes, recherchés par les Chinois, sont importants à la scierie Besson frères de Rânes. Ouest-France

« Tout notre écosystème vertueux est mis à mal par l’exportation des grumes », explique Emmanuel Besson, gérant de la scierie Besson frères depuis deux ans. Même constat du côté de l’entreprise de négoce en matériaux spécialisée dans les panneaux et stratifiés Strat’Else à Argentan : « Ils mettent beaucoup plus d ’argent, il faut sans cesse surenchérir pour acquérir des bois », note le gérant, Henri Humbert. Le prix du chêne, travaillé par les scieries de Champsecret et de Rânes, a augmenté de 20 à 30 %.

Des délais monstrueusement longs

« Chez nous, au lieu d’une semaine de délais pour une commande d’un panneau spécifique, on est passé à 24 semaines, explique le gérant de Stra’Esle. Depuis la crise sanitaire, nous avons une grosse demande de la clientèle. Les confinements successifs ont permis aux gens de penser à un réagencement de leur magasin, par exemple. Mais la demande est trop importante pour peu de ressource. »

Pourtant la France est la quatrième forêt d’Europe. « Mais les traders n’ont pas de prix », explique Vincent Corbière. Pour les chênes issus de forêts publiques, un label limite le problème, en réservant la matière aux transformateurs européens. En revanche, le label ne s’applique pas obligatoirement aux forêts privées, majoritaires dans l’approvisionnement des scieries et qui vendent des grumes aux exportateurs. « Mais on ne peut pas interdire le libre-échange », explique Emmanuel Besson, qui se fournit dans un rayon de 150 km, dans des forêts labélisées par l’Office national des forêts, ou dans des forêts privées, où les prix peuvent s’envoler.

En juillet 2021, le gouvernement a saisi la Commission européenne pour qu’elle prenne « des mesures de sauvegarde, de façon à éviter le pillage de nos ressources forestières ». Aujourd’hui, la situation n’a toujours pas évolué. « La solution serait d’interdire l’export du bois avant la première transformation, pour laisser le travail aux scieries », explique Vincent Corbière.

photo certains bois de la scierie de rânes servent spécifiquement à la fabrication de foudres, pour le vinaigre balsamique notamment.  ©  ouest-france

Certains bois de la scierie de Rânes servent spécifiquement à la fabrication de foudres, pour le vinaigre balsamique notamment. Ouest-France

Malgré tout, certaines entreprises parviennent à maintenir le navire. La scierie basée à Rânes se concentre sur sa clientèle française, belge ou allemande. « Nous avons aussi une clientèle italienne pour le chêne, un bois qui permet de construire leurs foudres, qu’ils utilisent pour le vinaigre balsamique. Mais la situation va-t-elle évoluer dans le bon sens ? »

Entreprises : suivez toute l’actualité en direct de la vie des entreprises sur la page dédiée.

 
Ludivine ANGÉ.    Ouest-France  

Retrouvez d'autres actus sur les communes de :

  • merci d'indiquer un nom de film
    merci d'indiquer un titre'
    • Choisir un resto :
    merci d'indiquer un nom de restaurant

    merci de saisir l'adresse du restaurant
    merci de saisir la ville du restaurant

    • Choisir un bar :
    merci d'indiquer un nom de bar

    merci de saisir l'adresse du bar
    merci de saisir la ville du bar

    merci d'indiquer un titre à votre avis
  •  
  • merci d'indiquer un contenu à votre avis
    merci de saisir une note
    L'accueil / la qualité du service
    merci d'indiquer une note pour l'accueil

    L'ambiance / le décor

    merci d'indiquer une note pour l'ambiance

    Le rapport qualité / prix

    merci d'indiquer une note pour le prix
  • Vos données personnelles font l’objet d’un traitement informatique par la société Additi Multimedia, sur le fondement de l'exécution d'un contrat et sont utilisées notamment pour prendre en compte, modérer et répondre à vos commentaires sur les contenus mis en ligne sur le site. Elles seront conservées conformément à notre politique de données personnelles, sauf dispositions légales particulières. Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’opposition, de limitation et de portabilité, en vous adressant directement à pdp@sipa.ouest-france.fr ou par courrier à "Délégué à la Protection des Données Personnelles SIPA Additi Multimedia - ZI Rennes Sud-Est,– 10 rue du Breil – 35051 Rennes cedex 9". Vous avez également le droit d’introduire une réclamation auprès de la CNIL. En savoir plus
Newsletter maville

Abonnez-vous à la newsletter - Alençon

Votre e-mail, avec votre consentement, est utilisé par la société Additi Com pour recevoir les newsletters sélectionnées. En savoir plus

Exprimez-vous !

Interdire les enfants dans certains lieux : pour ou contre ? 28
Réagir

L'info en continu

Quiz et jeux

Retour en haut