|
Orne. Un vent de modernité souffle sur l’usine de production d’aiguilles Bohin... |
3
Audrey Régnier était employée au sein de la manufacture pendant sept ans, avant de devenir directrice de Bohin France. © Ouest France
Propulsée à la tête de Bohin France il y a trois ans, Audrey Régnier a insufflé une nouvelle dynamique au sein du dernier fabricant d’aiguilles et d’épingles de France, situé à Saint-Sulpice-sur-Risle (Orne). Le fruit d’un mélange entre respect de la tradition et modernisation de son image.
« Le papier peint tombait des murs. » Lorsqu’elle a pris les rênes de Bohin France en janvier 2018, Audrey Régnier a constaté l’ampleur des chantiers à mener. Avec comme priorité la remise en état des ateliers de production et stockage d’aiguilles et d’épingles, situés à Saint-Sulpice-sur-Risle (Orne).
« Bohin tournait grâce à sa réputation, mais c’était une belle endormie , détaille la Normande de 35 ans. Nous avons dû nous adapter aux codes de la grande consommation. » Les 2 500 produits de mercerie référencés dans le catalogue sont désormais approvisionnés plus rapidement grâce à une réévaluation du processus logistique. « Nous voulons rendre service aux clients du mieux possible. »

En fin de chaîne, cette employée se charge de mettre les aiguilles dans les nouveaux emballages Bohin, qui participent au rajeunissement de l’image de l’entreprise. Ouest France
Dans cette optique, elle a également opéré une restructuration interne parmi les 40 employés de l’entreprise. « Le volet communication était mis au troisième plan , déplore-t-elle. Il fallait remédier à cela. » S’en sont suivis des recrutements pour moderniser logo, packaging et site internet, dans le but de rajeunir l’image de l’entreprise. « Nous avons répondu à une demande de nos clients , précise celle qui a grandi à Alençon. Grâce à cela, certains sont restés et de nouveaux sont arrivés. »
Une croissance en 2021
De quoi afficher un chiffre d’affaires stable depuis trois ans, dans un secteur pourtant en difficulté. Les indices sont mêmes à la hausse en cette première moitié de l’année 2021. Car le dernier fabricant d’aiguilles en France exporte désormais dans une quarantaine de pays. « Notre principal client reste les États-Unis. » Un marché qu’elle souhaite développer en y ouvrant le premier bureau Bohin à l’étranger. Un projet « capital » encore ralenti par la pandémie. « Il faut que l’entreprise avance avec l’air du temps » , justifie la cheffe d’entreprise.

Avec la pandémie de Covid-19, la manufacture Bohin a perdu de nombreux visiteurs. Ouest France
Pour autant, Audrey Régnier met un point d’honneur à conserver l’empreinte historique de Bohin France, en s’inscrivant dans la tradition de son fondateur Benjamin Bohin. « Même si la production est coûteuse, nous avons décidé de conserver les machines d’origine, par respect du savoir-faire ancestral. » Ainsi, en arpentant dans la manufacture ouverte au public, on constate que certaines trônaient déjà lors de la création de l’usine. C’était en 1833.