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Plongée dans deux siècles de croissance à La Ferté-Macé avec un « malade des entreprises »... |
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Michel Louvel est greeter à La Ferté-Macé (Orne). © Ouest-France
Découvrir le Bocage avec les greeters (5/7). Originaire de La Ferté-Macé (Orne), Michel Louvel est passionné par son histoire économique. Il la raconte volontiers aux intéressés.
Michel Louvel voit La Ferté-Macé (Orne) de façon différente par rapport à ceux qui l’arpentent au quotidien.  Des gens passent devant les bâtiments tous les jours et ne connaissent pas leur histoire »,
regrette le retraité. En tant que greeter, il organise des visites sur l’évolution de La Ferté-Macé depuis 1850, plusieurs fois par an.
Après une carrière dans le commerce, qui l’a amené jusqu’en Afrique, Michel Louvel – qui se définit comme  un malade des entreprisesÂ
– s’est intéressé à sa commune natale. Pour connaître son évolution, il s’est plongé dans les archives municipales et départementales, d’anciens articles de presse, des cartes et des documents privés, confiés par des particuliers.  Je suis parti d’une feuille blanche. C’est comme si j’avais un puzzle à reconstituer sans avoir d’image du résultat final, décrit le greeter. De mois en mois, d’année en année, j’ai une vision de plus en plus claire de ce qu’était La Ferté-Macé.Â
Presque dix mille habitants
Pour comprendre l’évolution de la commune, il faut remonter à la mécanisation du tissage, en 1862.  La ville a compté jusqu’à neuf tissages mécaniques, dont le dernier a fermé en 1958, détaille Michel Louvel. Quand les usines se sont montées, tout le monde est venu habiter à La Ferté-Macé pour y travailler.Â
De 2 500 habitants en 1800, la ville est passée à presque 10 000 résidents, en 1876.
À la fin du XIXe siècle, en parallèle du tissage, s’est développée une industrie du bois, pour la fabrication de galoches, puis, de 1930 à 1990, c’est la confection qui a été un facteur de croissance de la commune.  Alors qu’en 1850 La Ferté-Macé était en pleine campagne, tout cela a entraîné la construction de plein d’immeubles, d’usines et du collège, insiste Michel Louvel. Cela a transformé la ville. Par exemple, la place Charles-de-Gaulle s’appelait la place du Midi, parce qu’elle était au sud du village, avant que La Ferté-Macé ne s’étende.Â
Les cinq frères Robinet
Lors de ses visites, le greeter propose des circuits à thèmes, sur l’histoire d’une rue, d’une entreprise ou sur les artistes de la commune. Il apprécie en particulier retracer le parcours de la famille Salles.  Ce sont des gens qui étaient plutôt pauvres et qui sont devenus excessivement riches »,
assure Michel Louvel. Le fondateur de l’entreprise, François Salles, a commencé en 1820 avec un métier à tisser, qui s’est transformé en une grande entreprise. La fortune de chacun de ses deux fils – qui ont repris l’affaire jusqu’à la fermeture de l’usine, en 1954 – équivalait à trois mille années de salaire d’un ouvrier.
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Au fil de ses visites et de la publication de ses livres – il en a écrit une douzaine – Michel Louvel s’est fait connaître à La Ferté-Macé. Des gens viennent me voir pour se renseigner sur des choses qui les intriguent, relate le greeter. Par exemple, tout le monde me demandait pourquoi la rue des 5-Frères-Robinet portait ce nom.Â
Après de longues recherches et la rencontre de plusieurs descendants, Michel Louvel a retrouvé la trace d’un M. Robinet, arrivé à La Ferté-Macé en 1880. Quatre de ses cinq fils sont morts durant la Grande Guerre.  En 1917, le dernier revenait du front pour Noël quand il est mort dans un accident de train, à Saint-Michel-de-Maurienne (Savoie). C’est la plus grande catastrophe ferroviaire française »,
commente le greeter. Des anecdotes comme celle-ci, Michel Louvel en a des centaines, qu’il se plaît à raconter de visite en visite.
Visite de La Ferté-Macé avec Michel Louvel, sur demande au bureau d’information touristique des Montagnes de Normandie, tél. 02 33 37 10 97. Maximum six personnes.