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Pourquoi la dentelle d’Alençon, dans l’Orne, est-elle unique au monde ?... |
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Robe en dentelle au point d’Alençon. © Gérard Houdou
Fondement de l’identité de la ville, dont elle a pris le nom, longtemps gardée secrète, la dentelle au point d’Alençon (Orne) est une technique unique au monde.
La dentelle au point d’Alençon (Orne) est une excellence inscrite sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco depuis 2010.
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Dès le XVIIe siècle, une tradition dentellière existe à Alençon. Travaillant sur un parchemin provisoire en organisant la division du travail, Madame La Perrière (1605-1677) trouve le moyen d’imiter le Point de Venise. Considérant ce savoir-faire dentellier, Colbert décide l’installation d’une Manufacture royale de dentelles en 1665. Près de 10 000 personnes réalisent alors du point à l’aiguille, sous le nom de Point de France.
Un musée dès 1857
À partir de 1675, le monopole d’État n’est pas renouvelé et Alençon développe l’invention du réseau qui le rend plus délicat encore : le point d’Alençon est né. Au XVIIIe siècle, le point d’Alençon est déclaré « dentelle d’hiver » à la cour. Il connaît un nouvel essor sous le Premier Empire, puis au milieu du XIXe siècle quand le Second Empire rétablit le goût du luxe. La dentelle d’Alençon remporte de nouveaux succès aux expositions industrielles et universelles, qualifiée à Londres de « reine des dentelles ».
Destiné à propager le goût des arts et des sciences, le musée d’Alençon ouvre officiellement en 1857. Installé à l’hôtel de ville, puis à la Maison d’Ozé, on y présente des dessins, gravures et peintures. Aujourd’hui basé dans l’ancien collège des Jésuites, le musée regroupe le patrimoine de la ville et présente des œuvres d’art et des dentelles.
Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle, cour carrée de la Dentelle, Alençon. Tél. 02 33 32 40 07.