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Procureur de la République d’Argentan, Christophe Bogliolo prend ses marques... |
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Christophe Bogliolo, procureur d’Argentan, devant le château abritant le palais de justice (à gauche) et l’aile moderne qui sera inaugurée dans quelques semaines (à droite). © Ouest-France
Au travail depuis le mois de juin 2024 au tribunal Argentan (Orne), Christophe Bogliolo sera officiellement installé au poste de procureur de la République ce vendredi 13 septembre.
Le regard de Christophe Bogliolo pétille quand il se rappelle sa joie d’avoir « découvert les richesses d’un petit tribunal ». Ici, le quadragénaire n’évoque pas celui d’Argentan, où il sera officiellement installé au poste de procureur ce vendredi 13 septembre 2024, ni même celui Lisieux, où il occupait celui de substitut depuis 2016. Non, cette découverte remonte à 2014, lors d’un stage passé au tribunal de Cusset dans l’Allier, où l’École nationale de la magistrature l’avait envoyé se former.
Avocat avant d’être magistrat
L’intéressé connaissait alors les arcanes de la justice depuis belle lurette, mais dans le prétoire des avocats. Car avant d’être magistrat, ce Parisien né il y a quarante-trois ans a d’abord été avocat au barreau de Paris pendant un septennat (2007-2014). Ses études de droit – Assas, Sorbonne et Sciences Po – avaient été orientées à l’international, avec une année dans son Espagne familiale et une autre à Londres. Sa carrière d’avocat avait ensuite débuté dans le secteur du droit des affaires, avant de basculer dès 2009 vers le droit pénal.
« Apporter un service public indépendamment des moyens des gens »
Ce qui l’a amené vers la magistrature debout ? « Il faut savoir se renouveler, répond-il. La question du service public a joué, je trouvais ainsi une satisfaction personnelle à pouvoir apporter aux gens un service, indépendamment de leurs moyens financiers et même de l’importance de l’affaire. » Se retrouver à apprendre le métier de parquetier dans le « petit » tribunal de Cusset, il y a dix ans, l’a conforté dans la justesse de son choix. Impression renouvelée lors de son arrivée à Lisieux deux ans plus tard.
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L’importance du centre de détention
Professionnellement et personnellement, il avoue se plaire en Normandie. Alors quand l’opportunité d’être chef de juridiction s’est présentée en début d’année avec le départ de Florence Sroda, il n’a pas hésité. À son arrivée qui remonte au mois de juin, il a apprécié avoir été « très chaleureusement accueilli ». Et puis, entre le ressort du pays d’Auge et celui la plaine d’Argentan ou le Bocage flérien, les différences sont ténues. À une exception près, cependant.
Son nouveau territoire comprend en effet le centre de détention d’Argentan et ses 600 hommes détenus, ce qui entraîne une grosse activité. « Accompagner vers la libération des hommes qui ont été condamnés à des peines importantes implique une vraie responsabilité et une vraie vigilance. » Mais il serait réducteur de résumer l’activité du parquet à celle de la prison argentanaise inaugurée en 1991. Car le terrain est vaste et le travail ne manque pas. Largement de quoi pétiller encore.