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Protocole acoustique des éoliennes : Échauffour environnement tente de faire annuler le projet local... |
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Les cinq éoliennes implantées à Échauffour. © Archives Ouest-France
Saisi par des associations anti-éoliennes industrielles, le Conseil d’État a annulé les protocoles de mesure de l’impact acoustique des éoliennes terrestres. « Une décision historique » pour la Fédération environnement durable et ses alliés ; un recul pour le syndicat France renouvelables.
Dans un communiqué daté du 11 mars 2024, des associations de lutte contre l’éolien industriel se réjouissent de l’annulation par le Conseil d’État des « dispositions acoustiques en vigueur des éoliennes terrestres imposées par les promoteurs éoliens ».
Pour la Fédération environnement durable, suivie par Échauffour environnement (Orne), l’Association pour la protection du pays d’Ouche, Belle Normandie environnement et d’autres associations en France, « la décision [du Conseil d’État] souligne que les études acoustiques réalisées sur la base des protocoles existants ne sont pas fiables et ne permettent pas de garantir la protection des riverains contre les nuisances sonores. » Leur action en justice avait été engagée en février 2022.
Révision pour la centrale d’Échauffour ?
Les associations de lutte contre l’éolien indiquent, dans leur communiqué, que « les préfets ne pourront plus donner d’autorisations environnementales pour les projets éoliens tant que de nouveaux protocoles acoustiques n’auront pas été définis. » Pour enfoncer le clou, Échauffour environnement a demandé au préfet, dans une lettre ouverte lundi 25 mars, « la révision des autorisations accordées à la centrale éolienne d’Échauffour ».
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Pour Mattias Vandebulcke, directeur de la stratégie du syndicat France renouvelable, « il y avait un vice de procédure que les associations anti-éoliennes ont attaqué, pour faire tomber cette réglementation, en gros pour le suivi et la mesure de l’acoustique des parcs éoliens »
Les conséquences pour les porteurs de projets éoliens sont que « ça les fait revenir à la réglementation de 2011. Il n’y a plus de protocole robuste, scientifique, de suivi. » Le défenseur des professionnels avance qu’ « en vrai, il n’y aura pas de parcs éoliens qui vont arrêter leur suivi acoustique, ça ne va pas arriver. Mais les associations ont fait tomber un dispositif qui est là justement pour protéger les riverains. »
Les services de la préfecture de l’Orne, eux, concluent que « la décision du Conseil d’État ne remet pas en cause la légalité des autorisations délivrées ou celle à venir. Le fonctionnement du parc d’Échauffour, autorisé par arrêté préfectoral n’est pas remis en question. »