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REPORTAGE. « Elles abritent toute une faune » : dix-huit kilomètres de haies plantés dans l’Orne... |
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Mariette Petitjean, chargée de mission bocage au parc naturel régional Normandie-Maine, et Nathalie Guillemin, propriétaire, assistent à la préparation des sols préalable à la plantation des haies. © Ouest-France
Nathalie, Pascal et d’autres particuliers, agriculteurs ou collectivités de l’Orne, mettent du vert dans les paysages avec le soutien du Parc naturel régional Normandie-Maine.
À Saint-Céneri-le-Gérei, dans l’Orne, Pascal Drouet va planter 240 m de haies autour de sa propriété. « J’ai emménagé ici en juin, j’ai environ deux hectares de terrain autour de la maison. Sur un côté, il y a une belle haie, sur un autre, des thuyas. Ailleurs, une clôture en ciment et une dernière partie agricole ouverte. L’idée n’est pas d’obturer la vue partout mais d’ajouter de la végétation. »
12Â 200Â arbres
Comme soixante autres personnes, Pascal Drouet a déposé sa candidature auprès du Parc naturel régional Normandie-Maine qui soutient la plantation de haies bocagères pour la troisième année consécutive. « Quarante-six dossiers ont été acceptés, pour un total de dix-huit kilomètres de haies plantés chez vingt et un particuliers, vingt agriculteurs ou par cinq collectivités », précise Mariette Petitjean, chargée de mission bocage au parc.
Cette collaboration va permettre la plantation de 12 200 arbres cet hiver. Si le dispositif rencontre un si vif succès, c’est qu’il permet un financement de 80 % des dépenses grâce aux contributions des Régions Normandie et Pays de la Loire et des Départements de l’Orne et de la Mayenne. « Sur environ 10 € du mètre linéaire, il ne nous reste que 2 € à payer », évalue Pascal Drouet.
Des travaux clés en main
« C’est une opportunité formidable, estime Nathalie Guillemin, agricultrice au Bouillon. Il y a trois ans, j’ai planté une haie de 600 mètres sans subvention. » Là , elle va ajouter un kilomètre de végétation autour de ses herbages. La semaine dernière, elle accueillait Mariette Petitjean et Sylvain Alasseur, de la SCIC Bois-bocage-énergie, pour la préparation du sol. Une bande de terre a ainsi été retournée pour pouvoir accueillir les plants.
Au-delà de l’aspect financier de l’opération, la prise en charge de la réalisation des travaux, par le parc naturel et ses partenaires, enlève une belle épine du pied aux personnes intéressées. Ainsi, la préparation du sol, la plantation, le paillage et la protection des plants sont réalisés sans contrainte pour les propriétaires. La seule exigence : garantir l’accès aux zones concernées et les avoir préalablement débroussaillées.
Une profusion d’essences
Les candidats bénéficient également des connaissances de leurs interlocuteurs. « On m’a présenté un catalogue recensant les différentes essences pouvant être plantées chez moi », souligne Nathalie Guillemin. Ces haies seront composées de 35 arbres de haut jet, 166 intermédiaires et 203 buissonnants. Parmi les grands arbres, il y aura des noyers communs, des merisiers, des chênes pubescents et sessiles, des alisiers, des ormes et un sorbier.
Bouleaux, charmes, châtaigniers, pommiers, peupliers trembles, saules marsault, sorbiers des oiseaux et tilleuls à petites feuilles viendront en complément. Et parmi les variétés buissonnantes, on trouvera des cornouillers mâles, noisetiers, fusains, troènes, néfliers, cerisiers de Sainte-Lucie, sureaux, saules des vanniers, saules roux et viornes obiers. Autant de petits arbres qui seront surveillés de près la première année.
Ensuite, les propriétaires s’engagent à entretenir et à maintenir ces haies bocagères pendant une durée minimale de quinze années. « J’espère qu’elles seront là plus longtemps encore, confie l’éleveuse installée depuis vingt ans à la lisière de la forêt d’Écouves. Les haies coupent le vent et elles procurent de l’ombre aux animaux l’été. Elles abritent aussi toute une faune intéressante. Et, en plus, elles sont belles. »