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Saint-Mard-de-Réno. Qualité de l’eau : Bien Vivre dans le Perche mobilise... |
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Un exemple d’unité de méthanisation. (Photo d’illustration) © archives Ouest-France
L’association Bien Vivre dans le Perche lance un appel aux dons pour préserver la ressource en eau qu’elle estime menacée par la construction d’un méthaniseur à Saint-Mard-de-Réno (Orne).
L’association Bien Vivre dans le Perche lance un appel aux dons pour financer un recours auprès de la préfecture, afin de contester le permis de construire accordé à l’un des trois méthaniseurs prévus à Saint-Mard-de-Réno (Orne). Ce recours sera présenté en partenariat avec la Fédération de l’Orne pour la pêche et la protection du milieu aquatique et l’association L’Air du Perche.
« Cette unité de méthanisation, qui mettra en danger la ressource en eau, affectera également le cadre de vie des habitants. Il s’agit donc de les informer qu’ils peuvent participer à ce recours à titre individuel, gratuitement et ce jusqu’au 28 août 2021. Après ce délai, ils n’auront plus la possibilité de contester la construction de ce méthaniseur. Nous appelons à la solidarité citoyenne pour financer un recours contre le permis de construire d’un méthaniseur qui mettrait en danger la ressource en eau », informe la présidente de l’association, Nora Liberalotto
« N uisances sonores et olfactives »
« La préfecture de l’Orne a autorisé, le 26 juin dernier, la construction d’une unité de méthanisation au lieu-dit Le-Chailloué. Cette installation mettra en péril la nappe phréatique sous-jacente, qui remonte en hiver ou en période de fortes précipitations. L’ensemble des constructions et aménagements devrait être isolé de manière étanche et permanente par une cuve en béton. Mais le site est également référencé comme zone de retrait, gonflement des argiles, facteur qui complique la réalisation de ces ouvrages, dont l’étanchéité ne pourra pas être garantie à 100 %. Ce méthaniseur mettra également en danger la Gironde, un ruisseau qui serpente à proximité du site où il sera construit. Par ailleurs, les deux autres méthaniseurs projetés à Saint-Mard-de-Réno, à moins de 1,5 km, seraient implantés sur les rives du même cours d’eau. En aval, il se jette dans la Chippe, ruisseau à côté duquel une autre unité de méthanisation est déjà en construction, à Courgeon. En cas d’accident, la pollution pourrait arriver jusqu’à l’Huisne. Cette nouvelle installation impliquera aussi une dégradation du cadre de vie des habitants de Saint-Mard-de-Réno et des communes voisines, c’est pourquoi des riverains peuvent solliciter Bien vivre dans le Perche pour s’associer gratuitement au recours gracieux. N uisances sonores et olfactives, augmentation du trafic d’engins lourds »
« Le risque d’accident est limité »
Samuel Deschoolmeester, porteur du projet de méthanisation, répond : « Grâce à cet outil, nous pourrons transformer la masse végétale provenant des échecs de culture. C’est de la matière qui aurait été perdue car non consommable, donc autant la valoriser ! Le méthaniseur nous permettra de produire du biogaz pour fertiliser les cultures. Ainsi, notre ferme sera autonome en carburant grâce à une énergie produite localement, et non acheminée depuis l’autre bout de la France. » Converti en agriculture bio il y a six ans, le propriétaire de la ferme de Chailloué rejette les accusations de danger pour la biodiversité : « Nous respectons des normes strictes, donc le risque d’accident est limité. À l’inverse, notre objectif est de servir l’intérêt collectif grâce un système moral et entièrement autonome. »
Les dons et adhésions à Bien vivre dans le Perche sont déductibles d’impôts. www.bvperche.org