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Théâtre : une pièce récompensée par deux Molières est de passage dans l’Orne... |
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4Â 211Â km. © Bealivet Photo
L’autrice et metteuse en scène, Aïla Navidi, présente, ce vendredi 21 novembre 2025, à Mortagne-au-Perche (Orne), la pièce de théâtre « 4211 km ». Une œuvre saluée par 2 Molières, qui évoque la barbarie du régime islamique, raconte le combat que mènent les Iraniens.
4211 km séparent Paris de Téhéran. C’est la distance parcourue par Mina et Fereydoun venus d’Iran pour se réfugier en France. Leur fille, Yalda, née à Paris, dévoile leur vie exilée, leur combat pour la liberté, l’amour d’un pays. L’espoir d’un retour aussi.
Trois questions à Aïla Navidi, autrice et metteuse en scène
L’exil, quand on le vit, s’installe-t-il avec le temps qui passe ?
Peu de choses partent finalement, le vide que génère l’exil est toujours là . L’absence grandit, la mémoire encore plus, plus le temps passe et plus on se rend compte que le temps passe. Dans l’esprit des exilés, l’exil doit avoir un début et doit avoir une fin.
On espère y retourner. Pour moi, mes parents, les personnes que je connais qui ont été déplacées c’est quelque chose d’extrêmement présent. Avec le temps qui passe, on perd aussi nos proches qui sont sur place. Ça vient nous retordre, nous rappeler que l’on est toujours ici. On a tous envie de rentrer chez nous. Les années en fait nourrissent cet exil et ce qui va avec lui.
En Normandie, à qui s’adresse cette pièce ?
À tous les Normands qui regardent l’exil par le prisme des médias, ce qu’on leur rapporte, par ce prisme qui parfois est biaisé, c’est une très belle manière de ramener par le théâtre ces narratifs aux yeux et aux oreilles des spectateurs.
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En fait, l’exil, la migration, l’asile politique, c’est quelque chose qui vraisemblablement fait de plus en plus peur, surtout à ceux qui ne le connaissent pas. Je pense que c’est une belle première manière de venir raconter l’histoire, et porter un regard nouveau, depuis l’intérieur de cette famille.
Dans sa violence, s’il donne quelque chose, que donne l’exil à ceux qui le vivent ?
Dans ce spectacle il y a plein de choses qui représentent la vie. Cette pièce porte à la fois beaucoup de violences subies, une réalité de ce qu’est la dictature, mais elle raconte avec beaucoup d’humour et d’espoir ce que l’amour pour un pays, l’amour d’une famille peut donner et comment on est résilient.
C’est aussi une ode à la vie, il y a des moments complexes, comme dans la vie, mais c’est surtout comment on s’en sort de tout cela. Je porte un amour et une reconnaissance infinie à la France qui a sauvé beaucoup de familles, dont la mienne, nous a appris une autre langue, on partage avec elle les valeurs de l’égalité et de la fraternité.
Un chemin qui a été complexe, avec aussi la question de l’identité. Elle dit à certains moments dans la pièce à quel point ils aiment la France. Cette pièce est aussi le don d’un regard nouveau, d’une histoire, présentée au cœur de la France, celle d’un père d’une mère et de leur enfant, de la manière dont ils trouvent leur chemin.
Pratique Carré du Perche – vendredi 28 novembre – 20 h
Renseignements et réservations 02 33 83 34 37 Tarif catégorie rouge Scène nationale 61