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Un sabre artisanal trouvé au sein de la prison d’Argentan... |
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L’arme artisanale a été retrouvée dans une salle commune partagée par plusieurs détenus du centre de détention d’Argentan (Orne). © Archives Ouest-France
Longue d’environ un mètre, l’arme artisanale a été trouvée par un surveillant du centre de détention d’Argentan (Orne), dimanche 6 avril 2025. Elle était dissimulée sous un évier, dans une salle commune partagée par les détenus.
Un sabre artisanal d’environ 1 mètre a été retrouvé dans le centre de détention d’Argentan (Orne), dimanche 6 avril 2025, en matinée. L’information, que le parquet d’Argentan n’a pas souhaité commenter, a été révélée par le syndicat Ufap Unsa Justice.
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Alors qu’il faisait une ronde de sécurité dans une salle commune où les détenus peuvent préparer leur repas, un surveillant aurait découvert ce qui s’apparente à un katana, composé d’une lame en inox ou en aluminium d’environ 80 cm de long et d’un manche de 20 cm, caché sous un évier. « La lame était très affûtée… Un coup porté envers un surveillant ou un détenu aurait pu faire beaucoup de dégâts », indique cette source syndicale.
« Il ne voulait pas qu’on retrouve ce sabre dans sa cellule »
Comment cette arme a pu être confectionnée ? « Peut-être à partir d’un élément de douche… En tout cas, la personne qui a caché ce sabre ici ne voulait pas qu’on le trouve dans sa cellule. »
Peu de temps après cette découverte, cette prison a été le théâtre d’un épisode de violence. « Via l’interphone, un homme placé en quartier disciplinaire a prévenu qu’il allait se pendre. C’était un guet-apens car lorsque nos deux collègues sont entrées dans la cellule, ils ont été violemment agressés, à coups de pied dans la mâchoire et dans une épaule », dénonce l’Ufap Unsa Justice. Les deux agents se sont vus prescrire chacun deux jours d’ITT.
Le transfert de narcotrafiquants à Condé-sur-Sarthe et ses répercussions pour Argentan
Le syndicat souligne que le centre de détention d’Argentan (114 surveillants pour 616 détenus) souffre d’un sous-effectif chronique de personnels. « Il nous faudrait, dès cet été, l’arrivée d’au moins vingt agents parmi la promotion qui vient d’entrer à l’École nationale pénitentiaire d’Agen. »
D’autant que le transfert, prévu en octobre, d’importants narcotrafiquants français dans l’autre prison ornaise, à Condé-sur-Sarthe, devrait avoir des répercussions pour l’établissement d’Argentan : ce dernier devrait en effet récupérer une partie des hommes actuellement détenus près d’Alençon. Raison pour laquelle, le sénateur (Horizon) Olivier Bitz a interpellé le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, le 12 mars dernier, lors d’une question au gouvernement : la prochaine situation de Condé devra s’effectuer « sans déshabiller le centre de détention d’Argentan […], déjà en manque de personnel ».