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« 560 détenus pour 399 places » : deux bâtonnières dénoncent la surpopulation à la prison du Mans... |
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La bâtonnière d’Alençon et sa consÅ“ur du Mans ont effectué, mercredi 15 mars 2023, une visite surprise de la maison d’arrêt des Croisettes. Elles dénoncent la surpopulation carcérale qui y règne. © DR
Profitant d’une initiative nationale, la bâtonnière d’Alençon (Orne) et sa consœur du Mans (Sarthe) ont effectué, mercredi 15 mars 2023, une visite surprise de la maison d’arrêt Le Mans-Les Croisettes, à Coulaines. Elles dénoncent les conditions d’incarcération liées à la surpopulation.
À Alençon, s’il n’y a plus de maison d’arrêt, la plupart des personnes qui y sont condamnées sont incarcérées à la maison d’arrêt de Coulaines, située dans l’agglomération mancelle. C’est pourquoi, la bâtonnière d’Alençon, Me Évelyne Duchesne, a accompagné sa consœur du Mans, Me Cécile Froger-Ouarti, pour effectuer une visite surprise de cette prison mercredi 15 mars 2023.
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Trois voire quatre détenus par cellule
Dans un communiqué adressé à la presse, ce jeudi 16 mars 2023, la représentante des avocats d’Alençon dénonce les conditions d’incarcération liée à la surpopulation. « Il y a 560 détenus pour une capacité de 399 personnes. Soit une surpopulation de 156 %. Il y a 80 matelas au sol et dans une cellule de 9 à 11 m², peuvent cohabiter trois, voire exceptionnellement quatre détenus », souligne la bâtonnière.
La France déjà condamnée
« Il est regrettable que ce problème de surpopulation carcérale dénoncé régulièrement et qui a même valu à la France des condamnations par la Cour européenne des droits de l’Homme pour indignité des conditions de détention ne puisse trouver de solution », rappelle-t-elle en soulignant également qu’elle a été alertée pendant sa visite sur « le manque de moyens en matière d’escortes pour les transferts à l’hôpital (en cas d’hospitalisation), ce qui crée un danger réel pour la vie des personnes incarcérées à cause du retard apporté dans les soins ».
Une journée d’action nationale
Depuis le 24 décembre 2021, le bâtonnier ou son délégué est autorisé à visiter à tout moment les lieux privatifs de liberté, à savoir les locaux de garde à vue, les locaux des retenues douanières, les lieux de rétention administrative, les zones d’attente, les établissements pénitentiaires et les centres éducatifs fermés.
La conférence des bâtonniers a organisé une journée d’action nationale de visite de ces lieux, mercredi, pour dénoncer la dégradation des conditions de détention qui porte gravement atteinte aux principes de notre état de droit et compromet les objectifs de réinsertion et de prévention de la récidive.