|
« Antigone. s », le mythe revisité par la Compagnie Hej Hej Tak à Argentan... |
1
Lors de l’action culturelle dans le cadre des Provinces créatives, le week-end dernier, un stage pour adolescents qui ont créé des affiches. À droite, au deuxième plan, Marie Bourin et Lauriane Durix de la Compagnie Hej Hej Tak © Quai des Arts
Comment dire non à une figure d’autorité, aujourd’hui ? La Compagnie Hej Hej Tak, en résidence toute la semaine au Quai des Arts d’Argentan (Orne), donnera un extrait de son spectacle, ce jeudi 4 décembre 2025.
La Compagnie Hej Hej Tak est basée dans le Pas-de-Calais depuis 2015. Avec un nom danois qui signifie « Bonjour, bonjour, merci », « choisi pour ses sonorités qui nous parlent, nous qui faisons des mots nos spectacles », elle est codirigée par Lauriane Durix, Marie Bourin et Caroline Decloitre et porte des projets pour des publics variés. « Notre spécificité, c’est que nous croisons les disciplines, théâtre et danse, poésie, papiers, textile chant… » précisent Lauriane et Marie, rencontrées pendant leur travail de résidence, actuellement dans leur 5e semaine, avant la création du spectacle dans leur région d’origine, en janvier, puis en tournée, « dans des théâtres mais aussi dans des lieux non dédiés, comme des collèges. »
Du choix du mythe et des étapes de travail
« Le mythe d’Antigone, cette histoire d’une personne qui dit non à la figure d’autorité, qu’est le roi, un adulte de sa famille, nous a marquées et résonne particulièrement en nous, femmes : comment pouvons-nous nous affirmer face à de telles figures ? Avec quelles difficultés ? » expliquent les deux créatrices et interprètes du spectacle, sur lequel la compagnie travaille depuis un an.
Lire aussi : « Le clown, ça se travaille » : les derniers clowns de France invitent le public à des répétitions, à Argentan
Et les deux jeunes femmes de retracer : « Nous avons d’abord récolté la parole en résidence dans un collège, sur les thématiques qu’on retrouve dans le mythe, recueilli des paroles diverses, plus ou moins libres ou rebelles, dans les classes avec les enseignants, lors d’ateliers d’écriture, sous forme de collages, de création de slogans… » Estimant qu’il était intéressant de parler de la domination des adultes avec des enfants, elles ont focalisé leur travail sur l’enfant « comme porte d’entrée, en extrayant la trame de la pièce de Sophocle ; puis en y intégrant les paroles reçues et diffusées, des chants de lutte. Nous avons aussi remplacé le chœur des vieillards par des enfants, avec la fonction conservée du chœur. »
Le choix des objets
« On raconte l’histoire à travers un théâtre d’objets de contestation sélectionnés, des objets du quotidien, qui parlent à tous, qui chacun vont correspondre à un personnage. Chaque spectateur peut ainsi mieux se représenter les personnages, mieux que si on les incarnait ou si on utilisait des marionnettes. » Une invitation à « se réapproprier l’Antigone qui est en nous, à réussir à s’affirmer, à s’en donner l’envie, le désir, le courage. »
Jeudi 4 décembre 2025, à 18 h 30, sortie de résidence Antigone. s par la Compagnie Hej Hej Tak, salle Quai B du Quai des Arts. À partir de 9 ans. Gratuit. Entrée libre.