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« Il y a forcément quelqu’un qui ment » : un retraité meurt après une soirée, les récits divergent... |
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La cour criminelle de l’Orne s’est ouverte ce lundi 4 novembre 2024, un homme de 59 ans est jugé pendant deux jours pour coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner. © Archives Ouest-France
Le procès d’un homme de 59 ans a commencé lundi 4 novembre 2024, devant la cour criminelle de l’Orne. Il est accusé d’avoir porté des coups ayant entraîné la mort, sans intention de la donner, d’un retraité de 63 ans le 2 août 2016, à Neuilly-sur-Eure (Orne). Lors de cette première journée d’audience, les juges ont entendu deux récits divergents, celui de l’accusé et celui de la fille de la victime.
« Il y a forcément quelqu’un qui ment dans cette affaire. » Lundi 4 novembre 2024, la présidente de la cour criminelle de l’Orne tente d’établir la chronologie d’un dîner d’anniversaire qui s’est terminé par l’hospitalisation d’un des convives, puis par sa mort, neuf jours plus tard, des suites d’une série de complications.
Face aux juges, un homme de 59 ans, cheveux grisonnants, pantalon beige et sweat-shirt zippé. Il est accusé d’avoir porté les coups de poing et de pied ayant provoqué ces complications médicales, et donc la mort d’un retraité de 63 ans, le 2 août 2016.
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Une soirée d’anniversaire arrosée
À la barre, l’ancien installateur de matériel audiovisuel, qui vit maintenant du RSA, raconte comment s’est joué le drame, sur la terrasse en gravillons d’un pavillon de campagne, à Neuilly-sur-Eure, une commune déléguée de Longny-les-Villages, dans le Perche.
Ce soir-là , huit adultes dînent autour de la table de jardin, chez la fille de la victime, une amie de l’accusé et de sa compagne de l’époque. Ils arrosent, abondamment, l’anniversaire de l’un d’entre eux.
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La soirée bascule, les versions des événements divergent
« Il y a eu plusieurs clashs entre la victime et un ami d’enfance de sa fille. Elle est intervenue pour leur demander de se calmer. À tel point qu’un des invités a préféré rentrer dans la maison, un autre a demandé qu’on le ramène. Je suis resté seul dehors avec les deux, ma concubine et notre amie étaient aussi à l’intérieur, dans la cuisine », raconte l’homme mis en cause, au tribunal d’Alençon.
La soirée bascule, et les versions des protagonistes divergent. Tous s’accordent sur une chose : les insultes fusent. Elles visent exclusivement les filles et les mères des uns et des autres. Comme dans un mauvais vaudeville, l’accusé se penche et frappe au visage, par-dessus la table, l’ami d’enfance.
La victime se lève à son tour et porte deux coups à l’accusé. « J’ai voulu me défendre, je lui ai attrapé les mains et je l’ai déséquilibré. Il est tombé en arrière, peut-être que j’ai pu atteindre son visage dans la mêlée. J’en ai eu assez et je suis parti en voiture », assure l’accusé. Version corroborée par son ex-conjointe, mais pas par la fille de la victime et l’ami d’enfance qui a reçu les premiers coups.
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Une plaie au crâne, quatre fractures aux côtes, des hématomes
« Cela s’est passé en quelques secondes. Il a frappé mon père au visage puis il lui a donné 2 ou 3 coups de pied dans les côtes, je ne sais plus de quel côté. » Les rapports médicaux révèlent une plaie au crâne, quatre fractures aux côtes, des hématomes… Prise en charge par les pompiers qu’il a appelés lui-même, la victime est d’abord transportée à l’hôpital de Mortagne, avant d’être transféré au Mans le lendemain pour traiter un infarctus.
Le procès va maintenant se concentrer sur les rapports d’experts pour établir le lien entre la soirée du 2 et la mort de la victime, le 11 août. Le verdict est attendu mardi 5 novembre.