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« Qui brille au combat » : une merveille de sensibilité signée Joséphine Japy... |
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Qui brille au combat de Joséphine Japy © Apollo Films
Comment vit une famille quand une de ses enfants souffre d’une forme d’autisme sévère ? Sur un sujet éminemment personnel, Joséphine Japy signe de beaux débuts de cinéaste. En salles ce mercredi 31 décembre.
C’est une comédienne aussi discrète que douée qui sait choisir ses projets et ses rôles avec discernement mais sans esprit de chapelle. De Cloclo où elle incarnait France Gall à Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, l’un des rares cartons français de 2025 en passant par Respire de Mélanie Laurent, Mon inconnu ou encore la série Netflix Tapie où elle jouait la femme du célèbre entrepreneur. Mais avec Qui brille au combat, Joséphine Japy ajoute une nouvelle corde à son arc : celle de réalisatrice. Et ce en s’emparant d’un sujet intime : le diagnostic du syndrome (Phelan-McDdermid) de la forme d’autisme dont souffre sa sœur et l’impact que cette maladie a eu sur elle et sa famille.
On sent ici d’emblée que Joséphine Japy a conscience qu’un sujet aussi personnel et poignant soit-il ne suffit pas à faire un bon film. L’une des grandes réussites de Qui brille au combat tient précisément dans sa capacité à transcender l’histoire des siens pour construire un récit qui ne confond jamais sensibilité et sensiblerie. Avec un parti pris : raconter cette histoire du point de vue de ceux – mère, père, sœur – qui tentent de faire mieux face aux déflagrations que cause ce syndrome sur leur quotidien, en plus de la douleur de voir cette enfant devenue adolescente, Bertille, en souffrir sans espoir de guérison.
Joséphine Japy ne cherche à aucun moment à enjoliver les choses, pas plus qu’elle ne fait de ses personnages des saints intouchables. La réalité crue, la culpabilité de penser quelquefois à soi et non à la seule Bertille viennent constamment percuter ce récit puissant car dépourvue de jugement et de facilité. Et dans le rôle de la mère, Mélanie Laurent, impressionnante, trouve son plus beau rôle depuis Je vais bien ne t’en fais pas qui lui avait valu un César.
De Joséphine Japy. Avec Mélanie Laurent, Sarah Pachoud, Angelina Woreth… Durée : 1 h 40