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« Une pente autoritaire » : à Valognes, Jacques Coquelin règle ses comptes avec l’Agglo du Cotentin et le Département... |
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Le maire Jacques Coquelin a prononcé un discours pour un sursaut démocratique en réglant quelques comptes. © Ouest-France
Le discours du maire de Valognes, Jacques Coquelin, était attendu lundi 26 janvier 2026. Les péripéties politiques vécues par l’édile en 2025 se sont traduites par de nombreux tacles adressés à l’Agglomération du Cotentin ainsi qu’au conseil départemental de la Manche.
La vie politique n’est pas un long fleuve tranquille. Pour Jacques Coquelin, l’année 2025 ne sera pas un grand cru. De son discours d’une dizaine de pages, le début du propos a donné le ton : Je remercie mes collègues conseillers départementaux, peu nombreux ce soir mais il est vrai que je suis peut-être devenu persona non grata au conseil départemental.
Puis s’adressant à Jean Morin, président du conseil départemental : J’ose interpréter votre présence comme un signe de compréhension.
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« J’en ai été particulièrement blessé »
Les premières flèches étaient lancées. Le maire a entamé une diatribe sur l’effondrement de la démocratie. Je crains que nous soyons sur une pente autoritaire qui ne permet plus d’exprimer totalement ses choix, et quand bien même ces choix sont exprimés, le pouvoir n’en tient absolument pas compte, ce qui explique d’ailleurs selon moi, la désaffection du citoyen à participer aux échéances électorales.
Le retrait de sa délégation au Département a refait surface. Lorsque d’aucuns m’ont accusé d’un manque de loyauté parce que j’ai voté contre la proposition de faisceau établie par le conseil départemental pour le contournement ouest de la ville de Cherbourg, non seulement j’en ai été particulièrement blessé mais je n’ai surtout pas compris en quoi j’aurais pu manquer de fidélité à mes engagements en votant différemment du groupe de la majorité.
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« Le glaive qu’ils m’ont planté dans le dos »
Et d’ajouter : Ces accusations sont d’autant plus blessantes qu’elles sont prononcées parfois par ceux-là mêmes qui tiennent encore dans la main le glaive qu’ils m’ont planté dans le dos quelques mois auparavant. En démocratie on a même le droit d’avoir tort mais on peut aussi avoir raison avant les autres.
Le public politiquement averti comptait les banderilles. À chaque sujet évoqué par le maire, que ce soit sur la politique nationale, départementale ou locale, un message subliminal a fait référence aux difficultés personnelles et politiques du maire. Cependant, Jacques Coquelin est parti à l’offensive pour réenchanter la démocratie qui se traduit par l’acceptation du débat, considérer qu’il peut y avoir d’autres avis que le sien et c’est se donner les moyens de construire l’avenir autrement.
Le maire a également regretté que l’Agglomération du Cotentin ultra-riche, capable d’investir 130 millions d’euros par an
, continue d’investir dans des projets coûteux lorsque les communes qui la composent ne sont plus en capacité de faire fonctionner leurs équipements.