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À Malicorne, les faïences ne prennent pas de rides... |
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Les faïences de Malicorne sont très prisées des passionnés : le mélange de tradition et de haut de gamme fait rêver. © Ouest-France
Produit d’ici. On les retrouve au Qatar, à Singapour et même sur le site d’une blogueuse : les faïences traditionnelles produites en Sarthe ont toujours la cote.
Elles défient le temps. Les faïences de Malicorne (Sarthe), produites dans le sud-Sarthe, ne prennent pas de rides et s’exportent toujours dans le monde entier, de Singapour au Qatar, en passant par la Grande Bretagne. Et la France, bien sûr ! « Pendant le confinement, malgré la fermeture des boutiques le 30 mars, nous avons reçu des commandes par Internet : les gens avaient le temps chez eux et nous avons réalisé de belles ventes haut de gamme de faïences sur mesure », explique Janette Spalter, de la faïencerie d’art Bourg-Joly.
Des milliers de références
Sur les sites des Faïenceries Bourg-Joly et des Faïenceries d’Art de Malicorne sont présentées des milliers de références, preuve d’un engouement toujours fort. Des pièces qui vont de 30 € à des milliers d’euros. « Les gens sont attirés par ces produits traditionnels faits main. » Ainsi, la SARL Faïencerie d’Art de Malicorne a-t-elle réalisé, en 2019, une pièce exceptionnelle : une Bethsabée au bain datée du XVIIe siècle. Certains se ruineraient pour ces chefs-d’œuvre !
De 1796 à  2020
Dans le musée de la faïence et de la céramique, rue Victor-Hugo, qui voit passer 13 000 visiteurs par an (1), on peut mesurer l’étendue du savoir-faire des faïenciers. « On y trouve la plus vieille pièce de faïence, datée de 1796 : elle a été produite dans l’atelier du Plat d’Étain, première fabrique à avoir installé son four à Malicorne, explique Manuella Martinez, responsable de la communication du musée. Au fil des vitrines sont exposées quelque 5 000 pièces. »
Cinquante planches originales
Le fond s’enrichit sans cesse : « En 2019, le musée a acquis, avec l’aide de la Fondation du patrimoine, une collection de cinquante planches originales de dessins préparatoires de faïences de Rouen des XVIIe et XVIIIe siècles. »
Mais la faïence se décline aussi au goût du XXIe siècle, car la jeune génération s’y intéresse. « Une jeune blogueuse passionnée d’arts de la table, qui diffuse sur Instagram, est récemment venue à Malicorne », confie Janette Spalter. La passion se transmet, visible tant au musée que dans les deux boutiques (18, rue Bernard-Palissy et 16, rue Carnot ) et les ateliers de Malicorne.
(1) Musée de la faïence et de la céramique, rue Victor Hugo, 72270 Malicorne-sur-Sarthe. Tél. 02 43 48 07 17. www.musee-faience.fr