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Cette cathédrale baignée par la lumière est un joyau à ne pas manquer dans la campagne normande... |
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La cathédrale de Sées. © Stéphane GEUFROI / Archives Ouest-France
Au milieu de la campagne, dans l’Orne, la cathédrale Notre-Dame de Sées attire tous les regards. Élégant et étonnamment lumineux, cet édifice témoigne d’un riche passé.
L’automobiliste qui emprunte l’autoroute entre Rouen et Le Mans ne peut pas manquer la cathédrale Notre-Dame de Sées. Somptueux, cet édifice du XIIIe siècle jaillit en toute élégance depuis la campagne ornaise. La dédicace de la cathédrale remonte à 1310. Mais l’édifice a un long passé : il est la cinquième construction chrétienne de la cité !
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Au Ve siècle, saint Latuin, premier évêque de Sées, fait bâtir une cathédrale sur les ruines d’un temple romain. Incendié en 878, l’édifice renaît de ses cendres. Mais il se voit bouleversé par l’édification d’une troisième cathédrale à la fin du Xe siècle, en grande partie détruite par un incendie un siècle plus tard. Une quatrième cathédrale est alors construite au cours du XIIe siècle, elle aussi victime d’un incendie.

Vue aérienne de la cathédrale de Sées (Orne). Jean Yves DESFOUX / Archives Ouest-France
Heureusement pour Sées, ce carnage architectural se termine en 1220, quand les ouvriers construisent une façade et une nef dans le style gothique normand : « Ce style se détermine par la pureté des lignes, peu de décorations dans les sculptures, des piliers aux motifs végétaux et une verticalité renforcée par des colonnes », assure Michèle Soulet, guide de la paroisse.
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À l’extérieur de la cathédrale, en s’approchant tout près du porche, le nez presque collé au-dessus du portail central, le visiteur peut encore apercevoir les traces de sculptures du tympan, détruites à la Révolution. Elles symbolisaient, d’une part le Christ et la Vierge et, d’autre part, des personnages de sarcophages.

Instrument du XVIIIe siècle, le grand orgue a été transformé à la fin du XIXe siècle par le célèbre facteur d’orgue Cavaillé-Coll.? Stéphane GEUFROI / Archives Ouest-France
Cette jolie cathédrale doit sa clarté époustouflante à ses pierres calcaires, ses fenêtres hautes et transparentes. Au début du XIVe siècle, s’achève le transept de style gothique, sublimé par la présence de deux magnifiques rosaces.
Des vitraux symboliques, décodés par le photographe Francis Bouquerel : « La rosace nord représente la rédemption du Christ. La rosace sud est celle de l’apocalypse et du Christ triomphant. Et, à l’équinoxe, une projection de lumière arrive au centre du transept. »
Un porche harmonieux et symbolique
Notre-Dame de Sées détiendrait l’un des plus beaux porches de France. Bâtie au début du XIIIe siècle, la façade de la cathédrale aborde la thématique de l’enterrement, du couronnement et de l’assomption de la Vierge avec beaucoup d’harmonie. Toute cette symbolique fait référence à la création du monde, à la nature et au Paradis terrestre. Malgré le passage de la Révolution, de simples petites sculptures élégantes des façades latérales restent encore visibles.

Le porche de la cathédrale de Sées. Stéphane GEUFROI / Archives Ouest-France
Et si le chœur s’imprégnait d’Amiens ?
Peu d’archives existent sur la cathédrale. Les passionnés qui s’y sont penchés ont trouvé des liens architecturaux avec la cathédrale d’Amiens. Notamment dans le chœur. Des éléments historiques portent à croire que les compagnons d’Amiens seraient venus à Sées après 1270. Le chœur de Notre-Dame a été construit après la nef, dans un style résolument français et pas vraiment normand.

D’élégantes colonnettes habillent le chœur. Chacune se compose d’une figurine, plus ou moins amusante, plus ou moins belle. Originales en tout cas. Stéphane GEUFROI / Archives Ouest-France
Ce chœur élégant et couvert de colonnettes est doté de chimères drôles aux expressions comiques. Des vitraux éclairent un cloître situé au premier étage. Et les verrières du second étage s’illuminent de personnages de couleur. Sa grande ouverture invite le fidèle à regarder vers le haut, la lumière.
Charles VII couronné… à Sées
C’est du cinéma bien sûr. Le roi de France Charles VII a été sacré à Reims, en 1429, grâce à Jeanne d’Arc. Mais au cinéma, pour son film Jeanne d’Arc avec Milla Jovovich, en 1999, Luc Besson a choisi de tourner à Sées. Le metteur en scène était chez lui ou presque : il vit tout près dans la belle campagne ornaise.
À la différence du chœur, la nef conserve toutes les caractéristiques du gothique normand. La pureté de ses proportions, la décoration de ses chapiteaux, de sa frise et de ses lignes verticales illustrent ce style si remarquable.