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Comment les politiques peuvent aider à défendre les haies du Bocage... |
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Le Flérien Omar Ayad est vice-président de Flers agglo (Orne), en charge de l’environnement et du développement durable. Son essence préférée est le noisetier. © Ouest-France
La haie à l’honneur (3/8). Tout cet été, Ouest-France part à la rencontre des acteurs qui préservent la haie et le bocage dans l’Orne.
Omar Ayad a appris à apprécier les haies avec le temps, au fil de ses marches dans les chemins creux autour de Flers (Orne).  On voit la fraîcheur que les haies apportent, en coupant le vent et le soleil. En se baladant, on a tout le loisir d’apprécier la biodiversité et ce patrimoine exceptionnel.Â
Devenu vice-président de Flers agglo en charge de l’environnement en 2014, il prend le sujet de la défense du Bocage  à bras-le-corpsÂ
. À partir de 2016, Flers agglo décide d’inventorier toutes les haies bocagères du territoire dans le but de les protéger grâce aux documents d’urbanisme.  Les agriculteurs de la Communauté de communes de Briouze avaient porté ce projet à leur échelle, se rappelle Omar Ayad. Je me suis dit : pourquoi ne pas le faire à une plus grande échelle ?Â
Près de 3 300 km de haies classés
Un travail de qualification des 5 300 km de haies (dont 3 300 sont classés) qui prend deux ans. Depuis 2019, les haies classées sont protégées.  Un propriétaire qui voudrait supprimer un certain linéaire de haies a l’obligation de demander l’aval de l’agglo. Si on estime qu’elle ne doit pas être arasée, les techniciens vont sur le terrain pour voir s’il existe des marges de manÅ“uvre.Â
L’abattage et la coupe ne sont cependant pas interdits.  Si ça ne tenait qu’à moi, on serait allés bien plus loin.Â
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Mais les mentalités évoluent, de tous les côtés, assure le quinquagénaire, qui a déjà été menacé par certains agriculteurs.  Les techniciens ne sont plus considérés comme des censeurs, on peut engager un dialogue constructif pour trouver des solutions. Et l’aspect patrimonial des haies parle à de plus en plus de personnes, qui nous remontent quand des haies sont arrachées.Â
Le vice-président en est persuadé : au-delà de l’aspect environnemental, plus les haies sont conservées, plus l’attrait touristique sera évident pour des vacanciers en quête de nature.  Les gens sont subjugués par ce que le territoire propose.Â