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Covid-19. « La situation est inquiétante dans l’Orne »... |
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Le virus circule toujours énormément dans l’Orne. © Ouest-France
C’est le message passé par l’Agence régionale de santé de Normandie et plusieurs soignants du département. Le virus circule toujours activement. La faute à plusieurs critères dont le non-respect des gestes barrières.
L’Agence régionale de santé de Normandie et plusieurs soignants de l’Orne tenaient un point presse, ce mardi 8 décembre 2020, pour marteler un message : l’épidémie n’est pas terminée ! L’Orne affiche encore un taux d’incidence élevé (119 vendredi), largement supérieur à celui des départements voisins.
La faute à qui ?
Difficile de répondre à la question. L’Orne est le département qui a été impacté le dernier, en Normandie, par cette crise sanitaire, qu’il s’agisse de la première ou de la deuxième vague. Ceci pourrait donc expliquer qu’il soit aussi le dernier à s’en extirper. Mais l’une des causes qui semble pointée du doigt, c’est la légèreté des Ornais.
Les gestes barrières non-respectés
« Je vois des gens positifs au Covid se balader en ville », déplore par exemple le Dr Jean-Michel Gal, président du conseil de l’ordre des médecins de l’Orne. Le masque porté sous le nez, la distanciation non-respectée, les sorties qui ne se limitent pas au strict nécessaire sont autant de cailloux dans les rouages.
Davantage de morts depuis la seconde vague
Bilan : cette seconde vague est davantage mortelle que la première dans l’Orne. « Au printemps, nous dénombrions 50 morts. Là , nous sommes à 68 », précise le Dr Gal. Et d’ajouter que les clusters familiaux sont toujours importants. « Il est fréquent de voir six à huit personnes de la même famille tomber malades après un repas. Je suis très inquiet. Tout le système de santé est sous tension. »
Des soignants fatigués et contaminés
Un sentiment confirmé par Jérôme Le Brière, directeur du centre hospitalier d’Alençon-Mamers (Chicam) et de celui de L’Aigle. Si les services de réanimation affichent encore des places, « les unités Covid sont pleines à L’Aigle (45 malades) et Alençon (près de 90 malades). » Et il faut composer avec l’absentéisme dans les rangs des soignants car eux aussi sont nombreux à être contaminés : « 107 agents touchés depuis septembre au Chicam et 72 à L’Aigle ». Actuellement, l’hôpital d’Alençon affiche donc 20 % d’absents dans les rangs des soignants, un peu moins de 15 % à L’Aigle. « Les équipes sont fatiguées », confie Jérôme Le Brière.
La ruée sur les tests avant les fêtes
Tous s’attendent à une ruée sur les tests avant les fêtes. « Nous allons élargir nos plages horaires », glisse le Dre Delphine Mammès, biologiste du laboratoire Val d’Orne, à Argentan. Même précaution chez David Lepleux, pharmacien à Rânes : « On sera en surnombre les quelques jours qui précèdent chaque réveillon. Nous avons déjà des carnets de réservations pour des tests antigéniques. » Mais de rappeler que si l’on veut que ces tests soient fiables, une fois qu’ils sont réalisés, il faut obligatoirement rester confiné. Et respecter la règle de six à table.