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Covid-19. Retour du port du masque dans l’Orne : « Il fallait aller plus loin », selon la préfecture... |
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Le masque fait son retour plus largement dans l’Orne, dès le samedi 20 novembre 2021. © Archives Ouest-France
Dès samedi 20 novembre 2021, la préfecture de l’Orne, en concertation avec l’Agence Régionale de Santé, met en vigueur de nouvelles obligations pour contrer l’épidémie de Covid, en pleine 5e vague. Parmi elles, le retour du port du masque dans tous les espaces à forte concentration de personnes.
Les services de la préfecture de l’Orne et l’Agence régionale de santé ont organisé une conférence de presse ce vendredi 19 novembre 2021. De nouvelles restrictions vont être prises, dès samedi, par arrêté préfectoral, pour contrer la 5e vague de l’épidémie de coronavirus.
Situation sanitaire : les chiffres s’emballent
« La 5e vague, elle est dans l’Orne comme dans le reste du pays », note Julien Henrard directeur de cabinet de la préfète. Au 19 novembre 2021, le taux d’incidence affiche un taux élevé de 131,5 cas pour 100 000 habitants. « Il évolue très rapidement, abonde Anne-Catherine Sudre, directrice déléguée départementale de l’Agence régionale de santé (ARS) de Normandie. Nous en sommes quasiment au double par rapport aux autres départements Normands ». À noter que « c’est dans la tranche des plus de 70 ans que ce taux est le plus élevé »
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Le taux de positivité (nombre de tests qui se révèlent positifs) atteint les 6,2 %. « Dans les départements voisins, ce chiffre est compris entre 2,7 et 3,7 % ».
Où en est la couverture vaccinale ?
Pour autant, les Ornais sont plutôt enclins à se faire vacciner. 89,31 % de la population éligible a reçu sa première dose. 88,30 % le schéma complet de vaccination.
Les chiffres concernant le pourcentage de personnes ayant reçu leur dose de rappel dans l’Orne n’ont pas été communiqués. En revanche, en Normandie, cela représente 54 %, « le meilleur taux français », selon Anne-Catherine Sudre. Et de rappeler : « Il existe six fois plus de malchance d’être hospitalisées pour les personnes non-vaccinées. »
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La campagne va s’accentuer. Les sept centres de vaccination pérennes sont toujours ouverts dans le département. « Ils avaient réduit leurs amplitudes horaires, mais ils sont en train de rouvrir d’autres créneaux », assure l’ARS. Des opérations spéciales vont aussi être menées prochainement sur tout le territoire « pour les personnes ayant des difficultés à se déplacer ». Anne-Catherine Sudre rassure : « Le vaccin peut être fait en même temps que celui de la grippe. »
Les services hospitaliers de nouveau tendus ?
« Oui, affirme l’ARS. Il nous faut d’ailleurs être particulièrement vigilants en cette période hivernale car d’autres épidémies comme la bronchiolite refont surface ».
Dans l’Orne, à ce jour, une soixantaine de patients ont été admis pour Covid à l’hôpital. Neuf sont actuellement en réanimation. Parmi eux, quatre sont hospitalisés au sein centre hospitalier intercommunal Mamers Alençon (Chicam). Établissement qui a déclenché le Plan Blanc et dans lequel un cluster a été identifié.
Quelles restrictions en extérieur ?
Se vacciner est une « priorité » pour les services de l’État mais « il faut aller plus loin », assure Julien Henrard, pointant « le relâchement des gestes barrières » comme l’un des facteurs du rebond épidémique.
De ce fait, dès demain, samedi 20 novembre, un nouvel arrêté préfectoral sera en vigueur. « Même si nous comprenons la lassitude des Français, nous devons nous réapproprier les gestes barrières. Nous en appelons à la citoyenneté de la population », martèlent à la fois les représentants de la préfecture et de l’ARS.

Julien Henrard, directeur de cabinet de la préfète de l’Orne et Anne-Catherine Sudre, déléguée départementale de l’ARS Normandie. Ouest-France
Le port du masque sera donc de nouveau obligatoire à « l’extérieur dans les lieux à forte concentration de personnes ». Parmi eux les marchés, « surtout à l’approche des marchés de Noël », les files d’attente, les arrêts de bus, les gares, les tribunes dans les stades… Sans oublier les abords des établissements scolaires. Les manifestations récréatives et revendicatives tombent également sous le coup de cette obligation.
Quid des free partys ?
Elles restent interdites. « Nous constatons trop de rassemblements de ce type. Qui de plus, ne sont pas déclarées, lors desquelles le passe sanitaire n’est pas demandé et dans lesquels les gestes barrières sont très peu respectés », affirme Julien Henrard.
Le masque en intérieur ?
Le masque sera de nouveau obligatoire dans tous les établissements recevant du public. Les commerces, restaurants et les établissements de loisirs et de culture seront soumis à cet arrêté. Mais aussi les foires, les séminaires, les salles polyvalentes « dans lesquelles se déroulent les fêtes des anciens et des assemblées générales d’associations ».
Pour l’instant, Julien Henrard l’assure : « Pas question de rétablir une jauge à 75 % dans certains établissements, comme c’est le cas dans autres départements. Mais nous agirons de manière progressive et pragmatique ».
Quel risque en cas de non-respect ?
La préfecture prévient : « Sur instruction du ministère de l’Intérieur, les contrôles vont être renforcés concernant les obligations de port du masque et de présentation du passe sanitaire. » Les établissements qui ne joueront pas le jeu, s’exposeront dans un premier temps à une mise en demeure, avant, en cas de réitération des faits, à une fermeture administrative.