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Dans le Perche, une dizaine de professionnels se forment sur le chanvre comme matériau de construction... |
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Luc Van Nieuwenhuyze a montré aux stagiaires comment mettre en Å“uvre le mortier de chaux-chanvre. © Ouest-France
Le mélange chanvre-chaux est un très bon isolant en rénovation. Encore faut-il bien le connaître. Dans le cadre de ses actions pour valoriser la filière chanvre dans le Perche, le Parc naturel régional propose une formation qualifiante destinée aux professionnels.
La formation Prochanvre proposée par l’ARPE (Association régionale de promotion de l’écoconstruction) Normandie et Construire en chanvre a été dispensée par Luc Van Nieuwenhuyze, formateur et expert en bâti ancien et Mathis Rager d’Anatomies d’architecture.
Jeudi 15 et vendredi 16 janvier 2026, onze professionnels étaient inscrits, des artisans et des maîtres d’œuvre qui avaient envie d’apprendre à concevoir et à réaliser des bétons et mortiers mêlant la chènevotte et une préparation de liant à base de chaux pour isoler les bâtiments.
Théorie et pratique
La formation de quatre jours (deux fois deux) comporte une partie théorique et une partie pratique pour que les élèves visualisent notamment la différence entre la pose en banchage et le mortier projeté sur un mur.
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C’est la seule façon de respecter la nature, en permettant un échange de vapeur d’eau sans avoir besoin de poser une membrane. Il y a comme une réserve d’eau dans le mur, c’est plus confortable », explique Luc Nieuwenhuyze tout en projetant habilement le mortier à la truelle sous les yeux des professionnels. « C’est la première fois de ma vie que je travaille sans membrane plastique ni ruban adhésif »,
souligne un apprenti, ravi de cette découverte.
L’aspect financier n’a pas été écarté. Il y a des outils pour arriver à un coût classique et les autoconstructeurs peuvent apporter une main-d’œuvre gratuite dans une logique d’apprentissage
, ajoute le spécialiste qui a retrouvé la règle de plâtrier pour la finition. On peut lisser ou laisser brut pour garder les priorités phoniques, teinter « a fresco » avec de la boue colorée composée de terres naturelles ou d’oxydes.
Les stagiaires se retrouveront jeudi 29 et vendredi 30 janvier, pour deux nouvelles journées d’apprentissage. Vu le succès rencontré, Florence Sbile pense déjà renouveler cette formation.
Contact : Parc naturel régional du Perche, au tél. 02 33 85 36 36.