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Des fresques de la Seconde Guerre mondiale exposées grâce à une sauvegarde numérique, à Damigny... |
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Les fresques murales ont été inaugurées au format numérique jeudi, par Cédric Billaid, à droite. © Ouest-France
Des fresques murales du camp de prisonniers de Damigny (Orne), datant de la Seconde Guerre mondiale, ont enfin pu être inaugurées, le jeudi 22 février 2024.
Des fresques murales peintes au camp de prisonniers de Damigny (Orne) durant la Seconde Guerre mondiale, ont été inaugurées au format numérique, jeudi 22 février 2024, à la mairie de Damigny.
Impossibles à déplacer du fait de leur fragilité, elles ont bénéficié d’une sauvegarde numérique, la photogrammétrie, effectuée par Antoine Cazin, de la Direction générale des affaires culturelles (Drac) de Caen. Il s’agit d’effectuer un nombre très élevé de photos en 2D puis de les restituer en 3D. Cette opération a bénéficié de subventions du conseil départemental.
La double origine des fresques de Damigny
Les personnes présentes à cette inauguration ont pu découvrir ce patrimoine sur écran : la peinture d’un cerf en Forêt-Noire, un fusil et un chapeau bavarois peints sur panneau de bois, mais aussi feuillage et oiseaux. C’est ici l’œuvre de prisonniers allemands.
De 1939 à 1948, un camp de prisonniers et son mess pour les officiers étaient en effet établis à Damigny, sur un terrain privé réquisitionné en 1938.
Après la Libération, des Français ont complété l’œuvre avec les blasons de la Normandie, de la Vendée, du Roussillon et de la Bretagne, ainsi qu’une carte de France, partiellement cachée par une énorme croix de Lorraine. On peut néanmoins y repérer la mention du camp n° 31, celui de Damigny. Les doubles origines de ces fresques font toute la particularité du lieu.
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73 œuvres graphiques complètes en Normandie
« La préservation de ces fresques s’inscrit dans un programme de la Drac lancé il y a dix ans », précise Cyrille Billaid. Un premier inventaire comptabilise 73 œuvres graphiques complètes sur le sol normand. Des régiments de peintres allemands décoraient les intérieurs et les bunkers, à des fins de propagande.
Les soldats américains et anglais, lors du Débarquement, ont laissé des traces, avec de petits personnages comme Popeye, Mickey et d’autres cartoons. Même certains troncs d’arbres, surtout des hêtres, ont gardé la signature et l’année de passage des forces armées américaines, creusées dans leur écorce.
Association histoire et patrimoine de Damigny, tél. 06 27 38 29 71.