|
ENTRETIEN. Camille et Boris, architectes, ont restitué leur résidence à Saint-Philbert-sur-Orne... |
1
Restitution sous forme de balade à Roche d’Oëtre. Boris et Camille, face au public. © CPIE Collines Normandes
Les architectes Camille de Gaulmyn et Boris Fillon ont restitué leur travail de résidence à la Roche d’Oëtre, à Saint-Philbert-sur-Orne. Ils ont travaillé pendant six semaines au Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) des Collines Normandes, afin de réfléchir aux impacts du changement climatique dans le Bocage et les solutions locales qui existent ou peuvent surgir.
Camille de Gaulmyn et Boris Fillon, les deux jeunes architectes sélectionnés par Territoires Pionniers (Maison de l’architecture Normandie) pour effectuer six semaines de résidence au Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) des Collines Normandes, de mai à octobre 2022, ont présenté leur fin de résidence à Roche d’Oëtre, à Saint-Philbert-sur-Orne. Des élus du Bocage, dont Alain Lange, maire de Athis-Val-de-Rouvre et conseiller départemental, étaient présents.
Les architectes ont fait le bilan de leurs rencontres et présenté la suite qu’ils vont y donner en 2023.
Quel était l’objectif de votre résidence ?
L’objectif que nous nous étions fixé était d’aller à la rencontre des habitants et acteurs du territoire des Gorges de la Rouvre, pour réfléchir ensemble aux impacts du changement climatique à l’échelle locale, et révéler des réponses possibles grâce aux richesses déjà présentes dans le territoire : manières d’habiter plus douces et moins polluantes, patrimoine naturel s’adaptant au climat, ressources en matériaux locaux pour la construction écologique…
Nous avons effectué six semaines de résidence, réparties en cinq sessions entre mai et octobre. Au fil de ces sessions, nous avons exploré de nombreux lieux en gravitant autour du CPIE Collines Normandes : gîtes du réseau Suisse normande territoire préservé, villages à l’occasion d’évènements locaux… ainsi que deux collèges (Briouze et La Ferrière-aux-Étangs).
Nous avons rencontré une grande diversité d’acteurs : habitants, élus, associations… À chacun, nous avons proposé un travail cartographique : il s’agissait pour eux de poser des gommettes de couleur, thématiques, sur la carte du secteur des Gorges de la Rouvre, qui reflétaient comment eux vivent leur territoire et voient le changement climatique.
Comment avez-vous mis en place la restitution de votre travail ?
Une fois toutes les cartes collectées, nous y avons ajouté, en miroir, des cartes scientifiques, des couches d’analyse objectives qui permettent de comprendre le territoire : cartes des cours d’eau, des forêts, des types de sols, des surfaces construites…
Cette superposition des gommettes et des cartes d’analyse vise à révéler des enjeux partagés sur le territoire, et des ressources possibles pour y répondre collectivement. Par exemple, concernant l’eau, il apparaît que cette ressource, très présente dans le quotidien des habitants, mais très fragile sur le territoire de la Suisse normande, puisqu’elle circule en surface, la rend vulnérable aux pollutions et à l’augmentation des températures d’air.
En parallèle, à partir des rencontres que nous avons faites, nous avons construit des petits récits imaginaires mais concrets, proposant des actions menées à petits pas, des choses faciles à réaliser à court terme, pour que les habitants, les élus et associations s’y projettent et s’en saisissent.
Nous avons compilé tout cela en une exposition que nous avons présentée sous forme de ballade récitée à la Roche d’Oëtre ; cette rencontre conviviale s’est ensuite poursuivie par des échanges et une soirée festive. L’exposition a été déplacée à la Maison du paysage de Bréel et est visible à l’extérieur et en accès libre jusqu’au 7 novembre.
Quel bilan faites-vous de votre résidence ?
Nous avons terminé notre résidence en termes d’objectifs, mais non en termes de continuité. Nous revenons en mars 2023 pour remettre à tous les acteurs du territoire le livret que nous allons éditer, qui reprend le contenu de la résidence et des pistes d’action. Il est dédié aux élus en priorité, mais sera aussi accessible aux habitants et acteurs associatifs, commerçants…
Ensuite, toujours en mars, lors du festival Chantiers communs, organisé par Territoires Pionniers sur le site de la Maison du paysage, nous reprendrons contact avec les habitants et les associations, pour échanger à nouveau autour des thèmes de la résidence, sous un format qui reste encore à définir.
Notre résidence est une goutte d‘eau de plus dans un territoire où il y a déjà des tas de gouttes d’eau ! Nous espérons que notre travail permette aux acteurs locaux de tout type de poursuivre les initiatives déjà en cours pour fédérer le territoire sur les enjeux environnementaux et sociaux actuels, qui ne doivent pas rester des inquiétudes ou des menaces mais doivent être transformés en opportunité pour redynamiser les villages et repenser les modèles économiques et sociétaux.
En ce qui nous concerne, en tout cas, nous aurons plaisir à continuer à réfléchir sur ce territoire avec les acteur