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ENTRETIEN. En manque de dons, la Banque alimentaire de l’Orne cherche un nouveau modèle économique... |
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Bernard Plaçais, bénévole, et Édouard Romet, nouveau président de la Banque alimentaire de l’Orne. © Ouest-France
La Banque alimentaire a lancé ce vendredi 24 novembre 2023 sa collecte annuelle de denrées. Dans l’Orne, l’association a recruté deux personnes pour gérer la logistique et chercher des nouvelles sources de financement pour compenser la baisse des dons et le manque de bénévoles.
Les gilets orange de la Banque alimentaire ont pris place dans les supermarchés de l’Orne. L’association a lancé ce vendredi 24 novembre 2023 sa collecte annuelle de denrées dans un contexte de réorganisation de la structure. C’est la première collecte pour Édouard Romet dans les fonctions de président de l’association. À 60 ans, il a pris la tête en septembre dernier d’une équipe de 22 bénévoles pour un mandat de trois ans. Entretien.
La collecte nationale des denrées est lancée. Comment se porte la Banque alimentaire de l’Orne ?
Nous sommes présents partout sur le département pour ces jours de collecte dans les supermarchés : Mortagne-au-Perche, Alençon, La Ferté-Macé, Flers… Nous avons rencontré quelques difficultés pour trouver des bénévoles à certains endroits.
Plus globalement, cette campagne de collecte s’inscrit dans un contexte d’une diminution des lieux de ramassage. La moyenne d’âge des bénévoles est de 70 ans. Quand un bénévole arrête, il n’y a pas de remplaçant. On gère notre organisation avec cette problématique.
Qu’avez-vous fait pour compenser la baisse du bénévolat ?
En début d’année, l’association a lancé un chantier de réorganisation. Nous avons employé deux personnes : une directrice opérationnelle et un responsable d’entrepôt. Ces deux personnes permettent de suppléer nos bénévoles qui ne peuvent pas tout faire et on les comprend. Avec cette réorganisation, on gagne en polyvalence des tâches, on arrive à se projeter sur notre calendrier des ramasses et réfléchir à un nouveau modèle économique.
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À quoi pourrait ressembler votre modèle économique ?
On commence déjà à acheter des produits alimentaires pour anticiper la baisse des dons. Avec l’inflation, nous constatons que les paniers sont moins fournis, les consommateurs sont plus vigilants avec leur portefeuille. L’association fonctionne avec des subventions de l’État et l’Union européenne. On souhaite à l’avenir, financer nos actions avec des industriels, des grossistes et les distributeurs. L’idée serait d’acheter des produits à des prix raisonnables pour constituer un stock.
Pour rappel, combien de personnes sont aidées grâce à la Banque alimentaire de l’Orne ?
Dans l’Orne, en 2022, 9 039 personnes en situation de précarité alimentaire ont été accompagnées. L’an dernier, plus de 80 000 repas ont été distribués grâce au week-end de la collecte. Ce chiffre provient de notre réseau d’associations et des centres communaux d’action sociale (CCAS). La Banque alimentaire fonctionne comme un grossiste dans la distribution.