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Guerquesalles. Un livre pour raconter la Première Guerre mondiale à travers sa famille... |
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Marie-Odile Goret-Brémond vient de publier « La Guerre ne s’est pas arrêtée en 1918 », un livre passionnant. © Ouest-France
Habitante de Guerquesalles (Orne), Marie-Odile Goret-Brémond a publié cet été La Guerre ne s’est pas arrêtée en 1918. Un livre dans lequel l’autrice raconte comment sa famille a traversé le conflit.
La Guerre ne s’est pas arrêtée en 1918, c’est le titre de l’ouvrage signé par Marie-Odile Goret-Brémond, une habitante de Guerquesalles (Orne). C’est un récit historique, témoignage du vécu d’une famille de paysans des Mauges (Maine-et-Loire), en proie aux affres de la Première Guerre mondiale (1914-1918). En l’occurrence il s’agit de sa famille paternelle. « Ce n’est pas seulement l’histoire d’une famille, c’est la Première Guerre mondiale racontée par une famille ».
Une enquête
Cet ouvrage est le résultat d’une incroyable enquête menée durant dix années avec pour point de départ, une banale question du professeur d’histoire de sa fille cadette. « Il souhaitait savoir si, dans notre entourage, il y avait des gens morts à la guerre de 14-18 ». Une question alors « incongrue » pour Marie-Odile Goret-Brémond qui, jusque-là , avait grandi et vécu « comme si mon histoire privée avait commencé le jour de ma naissance. J’avais quitté la maison en conflit avec tout le monde. J’étais en colère sans savoir trop pourquoi, ni contre qui ».
La question fait néanmoins son chemin. Elle finit par interroger sa mère qui lui révèle que du côté paternel, il y avait eu plusieurs victimes. Point. Intriguée, Marie-Odile Goret-Brémond se lance alors dans une quête, celle d’en savoir plus, sachant qu’elle ne pouvait plus questionner ce père avec lequel elle ne s’était jamais entendue, décédé quelques années plus tôt. Sa quête l’emmène en Anjou, à Yzernay, où vit une branche familiale inconnue d’elle. Leur rencontre sera déterminante.
« Dans le cimetière de ce village j’ai vu mon nom inscrit sur la moitié des tombes. Une gigantesque filiation, moi qui m’étais crue sortie du néant ! ». Et puis, il y a ce vieil album riche de cartes postales, découvert dans le grenier de la cousine Thérèse, correspondances écrites entre 1910 et 1920, émanant de trois garçons, de leurs amis et de quelques jeunes filles.
Comprendre sa propre histoire
« J’ai commencé à lire. C’est à ce moment-là que l’idée de l’ouvrage s’est fait jour. Je ne pouvais pas garder tout ça pour moi ». Petit à petit, « joignant les textes de ces cartes aux propos de mes cousins, les recoupant avec l’interview de Marie-Renée (105 ans en 2014), les complétant avec les informations trouvées dans les ouvrages historiques ou sur internet, guidée dans mes recherches par deux compères de la société historique d’Yzernay, j’ai vu trois silhouettes s’esquisser : Louis, Auguste et mon grand-père, Henri. Trois jeunes gens promis à la vie, trois enfant dont l’Histoire allait disposer ». Et qui allait lui donner les clefs pour comprendre sa propre histoire et comprendre ce père énigmatique.
Naissance d’une passion
« C’est comme un puzzle où toutes les pièces se sont emboîté les unes après les autres. Je ne savais pas qu’on arrivait au monde chargé des deuils et des chagrins de nos ancêtres. Ou plutôt, je le savais. Mais en théorie. » Aujourd’hui, Marie-Odile Goret-Brémond se dit « apaisée ». Elle continue de se passionner pour l’histoire de la Première Guerre mondiale dans laquelle cet ouvrage bien construit et documenté plonge le lecteur.
La Guerre ne s’est pas arrêtée en 1918, Les éditions absolues, 187 pages, tarif 18 €. On le trouve sur le site internet de la maison d’éditions, ou bien en commande dans les librairies.