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La série Soviet Jeans, brillante satire de l’époque soviétique à coups de denim... |
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Renars (Karlis Arnolds Avots) et Tina (Aamu Milonoff), "Soviet Jeans" de Stanislavs Tokalovs et Teodora Markova. © © Tasse Film
La série lettonne, qui a conquis le festival de Séries Mania en 2024, est désormais disponible sur la plateforme d’Arte. Drôle de romance sur fond d’absurdité répressive, Soviet Jeans touche en plein dans le mille.
Dans les années 1970 se tramaient d’habiles combines dans les souterrains des pays soviétiques. Alors fermement interdits par le régime communiste, les produits occidentaux comme les cigarettes Marlboro, les robots de cuisine allemands ou les jeans Levi’s valaient leur pesant d’or.
En réaction à cette forme de répression, de vastes marchandages de contrefaçons se sont progressivement articulés à travers l’URSS, à une époque où la jeunesse est irrémédiablement attirée par le rock débridé américain et le vent de liberté qu’il insuffle. En partant de cette réalité, les réalisateurs et scénaristes Stanislavs Tokalovs et Teodora Markova ont créé l’histoire de Soviet Jeans, série lettonne disponible depuis le 8 mai sur Arte.tv .
Le denim comme étendard
Nous sommes en 1979 lorsque Renars (interprété par le charismatique Karlis Arnolds Avots), costumier dans un théâtre mais aussi mouchard pour le KGB, rencontre Tina (Aamu Milonoff), une metteuse en scène finlandaise venue à Riga (Lettonie) pour monter « Hamlet ». L’innocence de leur coup de foudre ne va pas faire long feu, le système répressif rodant en permanence autour de ses citoyens, épiant le moindre faux pas.
Renars se retrouve placé de force dans un hôpital psychiatrique, sous l’œil de son ancien camarade Maris (Igors Selegovskis), devenu fidèle dévot du régime. En échange de sa liberté, il élabore avec ses compagnons d’internement un ingénieux trafic de fabrication de jeans.
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En équilibre entre le letton, l’anglais et le russe, la cadence impulsée par Soviet Jeans - qui a remporté le Prix du Public et celui du meilleur acteur lors du festival de Séries Mania en 2024 - déborde d’une énergie galvanisante. Rien n’est laissé au hasard, pas même sa bande-son qui bat au rythme des percussions de jazz, musique contestataire née du pays dit « ennemi », les États-Unis.
Son humour caustique, très soviétique, est l’arme la plus redoutable de la série, sans compter l’impeccable jeu de ses acteurs qu’on ne demande qu’à revoir ailleurs. Loin des carcans des plateformes américaines, la série lettonne s’impose comme un véritable bijou du vieux continent, dans lequel la jeune génération part à la rencontre de l’histoire de ses aînés soviétiques.