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Le Pays d’Argentan rend hommage à Xavier Rousseau... |
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Brigitte Rousseau, la petite-fille de Xavier Rousseau, devant la maison qu’il habitait à Argentan. Aujourd’hui, il s’agit des numéros 3 et 5, place Saint-Germain. © Ouest-France
La revue trimestrielle consacrera deux numéros à cet historien local décédé il y a quarante ans. Le premier doit paraître à la fin du mois de septembre et lève déjà un coin du voile.
L’Espace Xavier Rousseau trône, inévitable, en plein centre-ville d’Argentan. À quelques pas de cette chapelle Saint-Nicolas qui lui fait astucieusement écho, sans que quiconque, ou presque, ne relève plus le clin d’œil.
Il fonda le syndicat d’initiative, en 1929
Car qui connaît encore l’engagement de cet Argentanais de cœur, tout entier dévoué à la sauvegarde du patrimoine local ? Peu de monde, certes. Mais il ne fallait pas plus de deux alliés pour défendre la mémoire de celui qui fonda en 1929 le syndicat d’initiative d’Argentan. « Tout le mérite de ce travail de mémoire revient à un autre enfant du pays, François Boscher, insiste Brigitte Rousseau, petite-fille de Xavier Rousseau. Son grand-père et le mien étaient amis alors forcément, ça lui parle… »
Le dévouement de son grand-père
Dans sa voix toutefois, un souffle d’amertume. Celle qui vit aujourd’hui à Belfort aurait aimé que nul n’ait besoin de rappeler le dévouement de son grand-père. « Seule, je ne sais pas si j’aurais eu le courage de le faire sortir de l’oubli, avoue-t-elle. Mais quand François Boscher m’a contactée, j’ai tout de suite adhéré au projet. »
Un empêcheur de tourner en rond
Notre collègue journaliste retrace la vie et l’œuvre de Xavier Rousseau au fil de deux numéros de la revue Le Pays d’Argentan. Une publication dont Xavier Rousseau a été à l’origine en 1929 et dont il est resté, longtemps et bénévolement, quasiment l’unique contributeur. Brigitte Rousseau, elle, s’est replongée dans ses archives et ses souvenirs. « Mon grand-père était un peu un empêcheur de tourner en rond. Par exemple il s’est battu pour que la chapelle Saint-Nicolas ne soit pas rasée après la guerre ! La restaurer coûtait si cher… »
Un érudit autodidacte
L’endroit qu’elle associe pourtant spontanément à cet autodidacte lumineux qui s’est éteint le jour de Noël 1978, c’est sa maison de la place Saint-Germain. Une maison proche de celle de Fernand Léger. « Mon grand-père s’était surtout lié d’amitié avec André Mare, resitue-t-elle. Et même s’il ne recevait pas beaucoup de reconnaissance en contrepartie de tout ce qu’il faisait, il a gardé des lettres de quelques personnes qui le remerciaient. »

Penseur impénitent
Elle se souvient d’un homme assez « austère » , voué corps et âme à ses recherches. « Il était complètement enfermé dans ses livres. Un jour, quand j’avais une dizaine d’années, je me suis amusée à passer près de lui dans la rue, pour tester à quel point il était absorbé dans ses pensées. Il ne m’a même pas vue. » D’un ton plus léger, elle commente : « L’ironie dans tout ça c’est que François Boscher a retrouvé ses carnets de notes : mon grand-père n’en avait pas de très brillantes en histoire-géo ! »
Lui redonner toute l’importance qu’il mérite
Quarante ans après la disparition de ce passionné, sa petite-fille espère que la revue ravivera les souvenirs endormis d’Argentan. « Il a passé sa vie à défendre cette ville sans réelle reconnaissance, répète-t-elle, lasse d’en être si surprise. Si seulement les Argentanais pouvaient en prendre conscience… » En apposant prochainement un panneau sur les murs de l’Espace Xavier Rousseau, la Ville devrait aussi contribuer à redonner à l’historien local toute l’importance qu’il mérite.
La revue du Pays d’Argentan, n° 115 . « Xavier Rousseau, une vie consacrée à Argentan », 16 pages, 5 €. En vente par abonnement (contact@revuepaysargentan.fr) ou à la librairie Deméyère, dès le 27 septembre. Consacré à l’œuvre de l’historien local, le tome II (n° 117) paraîtra en mars.