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Le pôle Normandie-SNV investit 150 millions d’euros dans ses treize sites... |
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Le site des Fourmis à la Chapelle d'Andaine (Orne) et le siège historique du pôle Normandie-SNV, filiale de SNV. © Ouest-France
Pour lutter contre la concurrence de la volaille d’import, le géant de la volaille basé dans l’Orne va moderniser son outil de production avec 150 millions d’euros d’investissement sur la période 2022-2025.
Filiale du groupe LDC, le pôle Normandie-SNV va investir 150 millions d’euros entre 2022 et 2025 sur ses treize sites de production (trois en Normandie, sept en Pays de la Loire et trois en Centre-val-de-Loire). Le but : moderniser et ergonomiser l’outil de production, qui transforme un peu plus de 200 000 tonnes de viande française chaque année, et s’adapter aux nouvelles consommations.
À La Chapelle-d’Andaine, dans l’Orne, au siège historique des Fourmis, SNV va investir 39 millions d’euros. « Notre filière dinde connaît environ 5 % par an de recul de marché, décrit Alexandre Guyonnet, directeur du site. En parallèle, la filière poulet progresse sur tout ce qui est pièce de découpe. Or, notre un outil est à sa capacité maximum. »
Tripler le nombre de poulets
Aux Fourmis, chaque semaine, 325 000 poulets jaunes sont abattus et 195 000 sont découpés. À l’horizon du second semestre 2024, l’atelier de découpe de dinde sera transféré vers un autre site. « L’objectif est de passer à 850 000 poulets en abattage et 600 000 en découpe », dévoile Alexandre Guyonnet, qui tient à préciser que tous les emplois (soit 900 postes en CDI et CDD) seront maintenus.
« Une volaille sur deux consommée en France est importée, avance Arnaud Boinard, directeur général du pôle Normandie-SNV, qui a réalisé l’an dernier un peu plus de 820 millions d’euros de chiffre d’affaires (dont 190 millions aux Fourmis). Nous avons besoin de compétitivité face aux imports qui peuvent venir des pays baltes, de Belgique voire du Brésil ou de Thaïlande. » Le marché principal du pôle Normandie-SNV est la vente en grande et moyenne surface (63 %) suivi de la restauration hors domicile (20 %).
Réduire la part des intérimaires
L’entreprise a encore investi 23 millions d’euros dans un nouvel abattoir sur un site du Loir-et-Cher « dédié au marché de Rungis et à la restauration qui sera opérationnel le 3 avril », complète Arnaud Boinard. À Laval, où le site de SNV est, entre autres, le fournisseur de filets pour l’enseigne KFC, l’investissement est d’un peu plus de 30 millions d’euros pour moderniser la réception des volailles et la descente en température. Enfin, une plateforme logistique est en cours de construction en banlieue de Laval et devrait être opérationnelle d’ici à octobre 2023, pour un montant de 16 millions d’euros.
Le but de cet investissement est aussi d’améliorer les conditions de travail des employés et l’attractivité des métiers. « Nous voulons réduire la part des intérimaires et proposer des CDI », assure Arnaud Boinard. Sur les 4 300 salariés du pôle Normandie-SNV, 3 000 sont soit en CDD ou soit en CDI.