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Mort de Brigitte Bardot : le sex-symbol des années 1950-60 était avant tout une femme libre

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photo  brigitte bardot lors des répétitions d’un show télévisé spécialement dédié à l’actrice en décembre 1967.  ©  archives afp/upi 5

Brigitte Bardot lors des répétitions d’un show télévisé spécialement dédié à l’actrice en décembre 1967. © Archives AFP/UPI

L’actrice mythique Brigitte Bardot est décédée à l’âge de 91 ans, a-t-on appris ce dimanche 28 décembre. Icône du cinéma des années 1950 et 1960, ce sex-symbol était surtout une femme libre et fière. Elle fit d’ailleurs le choix de se détourner du septième art pour s’engager ardemment dans la défense des animaux, ponctuant la fin de sa vie de coups d’éclat.

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Brigitte Bardot s’est éteinte à l’âge de 91 ans, a-t-on appris ce dimanche 28 décembre 2025. Monument du cinéma, l’actrice était à la fois un sex-symbol des années 1950-1960 mais aussi un emblème de l’émancipation des femmes. Libre, elle s’habillait et se comportait à l’époque sans se soucier du regard des autres et du qu’en-dira-t-on.

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En ce 7 décembre 1967, par exemple, le Général de Gaulle donne une réception à l’Élysée lors d’une soirée des Arts et des Lettres. Le gratin du cinéma de l’époque est de la partie : Annie Girardot, Jean-Paul Belmondo, Bourvil, Louis de Funès… mais il n’y a qu’une star : Brigitte Bardot. Elle voulait rencontrer le Général de longue date ; lui aussi avait émis ce souhait. L’huissier l’annonce à peine qu’elle s’avance, fière et magnifique, soldat d’opérette dans une veste aux Brandebourgs dorés, inspirée du fameux album des Beatles, Sergent Pepper’s. Et en pantalon. Impensable en ces lieux pour une réception officielle ; aucune femme ne l’avait jamais osé.

« Bonsoir Général ! » Visiblement surpris par l’audace vestimentaire de son invitée, le Président répond seulement : « C’est le cas de le dire, Madame. » À la sortie, Bardot confiera simplement « Il est beaucoup plus grand que moi. » Les deux Français les plus célèbres de l’époque venaient enfin de se croiser.

Icône des années 1950 et 1960

Depuis une dizaine d’années, Bardot règne sur le cinéma. Oublions ses débuts en tant qu’anecdotique partenaire de Bourvil dans l’insignifiant Trou normand de 1952 ; passons sur ses seize premiers films accessoires. Arrêt sur image en 1956 avec une scène de quatre minutes qui marqua les esprits des spectateurs de Et Dieu… créa la femme. Un mambo endiablé et sensuel, où l’actrice retrouve la grâce de la ballerine si douée qu’elle fut au sortir de l’enfance.
Spontanée, franche, libre, immense chevelure à la blondeur scandinave – une idée de son premier mari et jeune réalisateur du film Roger Vadim – et pieds nus bien sûr sa marque de fabrique. Et Dieu… créa la femme qui fait scandale à sa sortie raconte l’histoire de Juliette, une jeune femme qui « a le courage de faire ce qui lui plaît quand ça lui plaît », pour reprendre l’expression d’un des personnages du film à son sujet. « Je ne joue pas, je suis », dira pour sa part Brigitte Bardot.

photo brigitte bardot, le 3 décembre 1967, lors de répétitions pour une émission de noël dans les studios de l’ortf à paris.  ©  archives / ortf / afp

Brigitte Bardot, le 3 décembre 1967, lors de répétitions pour une émission de Noël dans les studios de l’ORTF à Paris. ARCHIVES / ORTF / AFP

Une image de sex-symbol

Sorti en novembre 1956, Et Dieu… créa la femme est un bide. Il faudra un an pour que ce film s’impose d’abord à l’étranger puis ressorte en France et que brillent enfin deux initiales : BB. Juste au moment où elle se retrouve face à Jean Gabin, le patron du cinéma français. Lors de leur première journée de tournage en 1957, ce dernier est surtout marqué par sa beauté. « C’est la plus belle gonzesse que j’aie jamais vue », dira-t-il, la résumant, comme très souvent, à son physique. Il a 53 ans, elle 24. Dans En cas de malheur, ils jouent deux amants. Sur la pellicule mais pas dans la vie où elle les multiplie pourtant, ainsi que les maris.

Et ne s’en cache surtout pas : Roger Vadim donc, Jacques Charrier – père de son fils Nicolas, pour lequel elle confesse n’avoir aucun instinct maternel – Sami Frey, Sacha Distel, Gilbert Bécaud, Serge Gainsbourg, François Cevert, Allain Bougrain-Dubourg… « On m’a dit bouffeuse d’hommes, symbole sexuel et j’en passe. Je m’en fiche car je sais avec certitude que je n’ai pas à rougir de ce que j’ai fait. »

photo le chanteur français sacha distel arrivant à l’opéra de paris avec l’actrice française brigitte bardot, le 20 décembre 1958.  ©  archives afp

Le chanteur français Sacha Distel arrivant à l’Opéra de Paris avec l’actrice française Brigitte Bardot, le 20 décembre 1958. ARCHIVES AFP

Blessée par la gloire

Elle ne se trouvait pas belle. Et pourtant. « Elle tenterait même un Saint », écrivit Simone de Beauvoir. Puis, il y avait cette voix rauque. Avec ce phrasé boudeur. Un timbre d’enfant gâté qui traîne les pieds. Cette voix magnifiée par les chansons de Gainsbourg avec lequel elle vécut une aventure fulgurante et passionnée de trois mois. Harley-Davidson, Bonnie and Clyde et bien sûr Je t’aime… moi non plus. Cette dernière est une commande de Bardot. Elle lui demanda tout simplement de lui écrire la plus belle des chansons d’amour ; il obéit. Il y eut aussi Initials BB dont elle reprit le titre pour son autobiographie. L’homme à la tête de chou et au talent fou fut dévasté lorsqu’elle le quitta : « Comme si quelqu’un venait de m’arracher le cœur avec les dents » déclara-t-il.
Bardot la chanteuse reprend aussi les couplets acidulés de Jean-Max Rivière, un ami de sa famille, auteur de La Madrague, Sidonie ou encore C’est rigolo, toutes fredonnées de ce timbre unique, de cette voix lascive, incomparable.

BB la scandaleuse. Celle-là même qui déclame à Michel Piccoli dans Le Mépris :  « Et mes fesses, tu les trouves jolies mes fesses ? » De vie privée, elle n’a pas et n’en aura jamais. Poursuivie par les paparazzis, vilipendée pour cette liberté qui fascine – « Je faisais ce que j’avais envie de faire et c’est ça qui dérangeait » -, elle s’enferme dans son appartement parisien, se barricade à la Madrague et la Garrigue, ses maisons de Saint-Tropez, multiplie les tentatives de suicide répétant à l’envi cette phrase de Mme de Staël : « La gloire est le deuil éclatant du bonheur. »

photo l’entrée de « la madrague », propriété de brigitte bardot à saint-tropez, le 25 octobre 2019.  ©  valéry hache / archives afp

L’entrée de « La Madrague », propriété de Brigitte Bardot à Saint-Tropez, le 25 octobre 2019. Valéry Hache / Archives AFP

Divorce avec le cinéma

6 juin 1973. Après une série de mauvais films et de mauvais choix aussi, elle décide d’arrêter de tourner. Dans Le Monde elle commente ainsi : « J’ai pensé que le cinéma ne m’apporterait plus rien et que je n’apporterais plus rien au cinéma. Comme un couple se sépare au moment où il n’a plus rien à se dire. » Désormais, sa vie sera consacrée à la défense des animaux. « J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes, je donne maintenant ma sagesse et mon expérience – le meilleur de moi-même – aux animaux ».

Premier coup d’éclat en 1977 lorsqu’elle se rend au Canada défendre les bébés phoques sur la banquise. Puis elle crée sa fondation en 1986, vend tout ce qu’elle possède pour la financer. Elle s’enorgueillit aussi de ses procès à répétition avec les fédérations de chasseurs, les collectionnant comme autant de trophées ou se lance vertement à l’assaut des abattoirs pour qu’y soit instaurée la vidéosurveillance. Toujours aussi audacieuse, elle bouscule les portes, rencontre tous les présidents jusqu’à Emmanuel Macron à qui elle reprochera, tout à ses excès de pasionaria, de faire  de la France un centre d’extermination pour les animaux ». Seul Giscard d’Estaing, très sensible à son charme, l’aidera en interdisant l’importation de fourrures de phoque.

photo brigitte bardot et le journaliste suisse franc weber lors d’une conférence de presse à terre-neuve, le 21 mars 1977, pour dénoncer la chasse des phoques.  ©  archives afp

Brigitte Bardot et le journaliste suisse Franc Weber lors d’une conférence de presse à Terre-Neuve, le 21 mars 1977, pour dénoncer la chasse des phoques. Archives AFP

Prisonnière d’elle-même

Elle s’empare de nobles causes aussi : la défense des époux Rosenberg condamnés à mort aux États-Unis pour espionnage au profit de l’URSS, lance une souscription pour aider Joséphine Baker et empêcher son expulsion, milite pour la libération de Jacqueline Sauvage symbole de la lutte contre les violences conjugales… Mais se perd parfois dans la nostalgie rancie d’une France qui n’est plus celle de son âge d’or, publie des brûlots, condamnée à cinq reprises pour incitation à la haine raciale, soutenant Marine Le Pen puis Éric Zemmour tout en admirant Jean-Luc Mélenchon et supportant les Gilets jaunes.

On l’aime où la déteste, elle aura toujours vécu ainsi. D’égérie de Warhol, Godard ou Gainsbourg elle s’était glissée dans la peau de la vieille dame indigne. Restant entière, toujours. « J’ai été prisonnière de moi-même toute ma vie. » Elle ne le sera pas de sa mort ; BB est immortelle.

 
Philippe JOUBIN.    Ouest-France  

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