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Prisons de haute sécurité pour les grands narcotrafiquants : les préparatifs ont commencé... |
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Les ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Santé ont présenté le fonctionnement des futures prisons de haute sécurité, ce lundi 7 avril 2025. © Ouest-France
D’abord Vendin-le-Vieil puis Condé-sur-Sarthe : les deux prisons ultrasécurisées aménagent leurs quartiers de haute sécurité pour recevoir chacune cent détenus classés dangereux par l’Administration pénitentiaire.
Les ministères de la Justice et de l’intérieur (ainsi que celui de la Santé dans une moindre mesure) sont en ordre de marche pour l’ouverture programmée des deux premières prisons de haute sécurité. Celle de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) doit être opérationnelle le 31 juillet et celle de Condé-sur-Sarthe (Orne) à la mi-octobre. Chacune d’entre elles hébergera cent détenus classés comme dangereux et en lien avec la criminalité organisée : deux tiers d’entre eux sont actuellement en détention provisoire, un tiers a déjà été condamné.
« La liste est en train d’être établie », a précisé ce lundi 7 avril 2025 le ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Notamment par l’Administration pénitentiaire et la Junalco (Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée). Toutefois, concernant les détenus qui n’ont pas encore été jugés, aucun de ces individus identifiés comme dangereux par l’administration, ne sera envoyé à Vendin ou Condé « si le juge d’instruction s’y oppose », indique le Garde des sceaux.
Un isolement strict
À Vendin-le-Vieil, « les opérations de désencombrement » ont débuté. Autrement dit, l’établissement est vidé de ses actuels détenus qui vont être envoyés dans une dizaine d’établissements qui « ne sont pas en situation de surpopulation carcérale ». Et sous la surveillance du GIGN. Cette opération devrait être achevée début mai.
Des travaux d’aménagement de la prison, déjà très sécurisée, vont ensuite être entamés et le personnel va être formé, notamment au risque de corruption. Près de 250 agents pénitentiaires (dont l’identité sera anonymisée) encadreront cent détenus. « Aucun surveillant ne se retrouvera seul avec un détenu et des rotations régulières auront lieu afin qu’aucun lien ne se crée avec ces détenus », mentionne-t-on au ministère de la Justice.
Des Eris (équipes régionales d’intervention et de sécurité) seront par ailleurs présentes en permanence dans ces deux établissements pour assurer une plus grande sécurité. À l’intérieur, ces détenus seront soumis à un isolement strict : fouilles intégrales après tout contact avec l’extérieur qui n’aurait pas été sous surveillance constante des surveillants (avec les avocats notamment), parloirs avec hygiaphones, restriction des appels téléphonique depuis un poste sur écoute…
Bruno Retailleau l’a également indiqué : toute extraction d’un de ces détenus pour un rendez-vous judiciaire ou médical « devra être nécessaire et inévitable. Ce sont lors de ces extractions que ces détenus dangereux et leurs équipes nous attendent », rappelle-t-il. Lors d’un rendez-vous avec un juge, « la règle générale sera d’organiser une visioconférence, sauf si le magistrat s’y oppose », complète Gérald Darmanin.
Avec un tel régime, il y a un risque de « fabrique des fous », a alerté la contrôleure générale des lieux de privation de liberté. « Il faut couper ces détenus de l’extérieur. Certains d’entre eux peuvent commanditer des assassinats depuis leur cellule ou continuer à gérer leurs trafics », avance Gérald Darmanin.
Ce régime carcéral de l’isolement, inspiré du modèle italien anti-mafia (appelé 41 bis), peut être prononcé pour une durée de deux ans, renouvelable une fois.