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« C’est un mariage de raison » : dans l’Orne, trois syndicats d’eau vont fusionner en 2026... |
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Christophe Bignon, doyen d’âge des présidents des SIAEP fusionnant, assure la présidence par intérim du nouveau syndicat. © Ouest-France
Les syndicats d’eau de Vimoutiers, Canapville et le Sap-en-Auge (Orne) vont fusionner au 1er janvier 2026. Une union qui permettra de réaliser les investissements conséquents nécessaires dans les réseaux d’eau.
Le Syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable du Pays d’Auge ornais (SPAO) verra le jour au 1er janvier 2026.
Entretien avec Christophe Bignon, président par intérim du SPAO, et président du SIAEP de la Roulandière jusqu’au 31 décembre. Doyen d’âge des présidents des SIAEP formant le nouveau syndicat, il préside le SPAO jusqu’aux élections du bureau par le comité syndical. Ces élections devraient intervenir avant la fin du mois de janvier. Le bureau élu le sera alors jusqu’aux élections municipales.
Quels sont les contours du SPAOÂ ?
Les communes de Canapville et de Vimoutiers, qui assuraient la compétence Eau potable en régie, ont rejoint le syndicat de la Roulandière réunissant les communes du plateau du Sa p, au 1er juillet. Il s’agissait d’une première étape avant celle-ci qui consiste à nous regrouper avec les SIAEP de Champosoult et de la région de Gacé. Le regroupement de ces trois syndicats a fait l’objet d’un arrêté par le Préfet, dernièrement. Il concerne 31 communes, 10 700 habitants soit environ 6 500 abonnés. Le SPAO aura son siège social à Vimoutiers. Il représente : 620 km de réseau, avec un taux de rendement moyen d’environ 78 % ; une production d’eau potable de 1,7 million de m³ ; une vente d’eau potable de l’ordre d’un million de m3, principalement au SIAEP de l’Ortier et sur le secteur d’Argentan ; il regroupe onze stations de traitement et 18 sites de captage d’eau potable ».
Quels sont les enjeux d’un tel regroupement ?
C’est un mariage de raison, dans l’intérêt général, lié aux perspectives du changement climatique, de la nécessaire interconnexion des réseaux afin qu’il n’y ait pas de pénurie d’eau et du respect des normes. Les investissements à réaliser seront conséquents, de l’ordre de 30 millions d’euros, sur les vingt prochaines années. Chaque syndicat a fait une étude patrimoniale. Ces investissements vont porter sur : la mise en service de nouvelles ressources en eau, la sécurisation des zones concernées, ainsi que le renouvellement des canalisations. Des compteurs de secteur ont été installés pour repérer les réseaux les plus fuyards et les prioriser dans notre programmation. L’eau est une ressource que l’on a la chance d’avoir en abondance et de bonne qualité sur notre territoire, n’étant pas impactée par les pesticides. Le problème demeure le CVM (chlorure de vinyle monomère) pour des maisons isolées et peu habitées. On part avec un endettement quasi nul et des fonds propres à hauteur de 3 millions d’euros »
Y aura-t-il des incidences sur les usagers ?
Dans l’immédiat, aucune. Tant les communes que les syndicats, chacun continue de pratiquer ses tarifs et poursuit ses engagements avec sa société délégataire. La seule hausse qu’il y aurait à prévoir en 2026, ce sont les taxes de l’État. À terme, il s’agira d’avoir une seule société prestataire et de lisser les tarifs sur les cinq à dix ans à venir afin d’aboutir à un tarif unique. Tarif qui ira invariablement à la hausse.