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« J’étais perdu » : il prenait des photos sous la jupe d’une femme dans un supermarché d’Alençon... |
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Primo-délinquant, l’homme a été condamné à trois mois de prison avec sursis (photo d’illustration). © Archives Ouest-France
Un homme de 33 ans avait été surpris par une femme alors qu’il tentait de prendre des photos sous sa jupe, le 26 septembre 2024, dans un supermarché d’Alençon (Orne). Il était alors en train de faire ses courses avec sa compagne et sa fille. Le tribunal l’a condamné ce mardi 6 mai 2025.
« Je ne sais pas comment l’expliquer. » Devant la juge Caroline Labbé, qui ne le lâche pas du regard, l’homme de 33 ans est visiblement gêné, au tribunal d’Alençon (Orne), ce mardi 6 mai 2025. Derrière lui, est assise la femme dont il a essayé de photographier les parties intimes à son insu.
La plaignante fait simplement ses courses, ce 26 septembre 2024, dans un Carrefour Market d’Alençon. « Elle est surprise en sentant une main à mi-cuisse, entre ses jambes, raconte son avocate, Me Agathe Gauthier. Elle le voit muni de son téléphone portable et prenant ses parties intimes en photo. »
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La victime n’est pas intimidée et le confronte immédiatement, « en lui ordonnant de supprimer les fichiers, jusque dans la corbeille du portable ». Choquée, elle va voir le directeur du magasin, tandis que le voyeur s’en va. « Sur les caméras de surveillance, on le voit la repérer, tenter de prendre une première photo. Mais comme l’image ne semble pas lui convenir, il retente. » L’homme est par la suite interpellé par la police et placé en garde à vue.
Il faisait ses courses avec sa compagne et leur fille
S’il n’est pas connu de leurs services, il leur indique que ce ne serait « pas la première fois », comme le glisse la juge durant le procès. Les faits inquiètent d’autant plus qu’il était en train de faire ses courses avec sa compagne et leur fille.
« J’étais perdu », soupire-t-il. Le prévenu a entamé un suivi psychologique juste après les faits. « Je travaille dessus pour trouver la cause. » Il se tourne vers la victime : « Je voulais présenter mes sincères excuses. »
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Celle-ci prend la parole : « Depuis cette agression, je ne suis pas revenue à la normale. C’est très dur de retourner dans un magasin. J’ai changé mes habitudes et ma façon de m’habiller. » Son avocate ajoute : « C’est aujourd’hui une femme craintive. Elle ne peut plus mettre de jupe et ne fait plus de sorties avec ses enfants, car elle craint de croiser monsieur, lui aussi parent. »
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Trois mois de prison avec sursis
Pour la défense, Me Guillaume Chesnot tient à préciser que « s’il s’agit de faits honteux, et il en a eu conscience dès le début car il ne voulait même pas d’avocat, on n’est pas sur une agression sexuelle mais sur une atteinte à l’intimité de la vie privée ».
Jugé en CRPC (Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité), le trentenaire est condamné à trois mois de prison avec sursis, avec interdiction de contact avec la victime. « Cela signifie que si vous la croisez dans un magasin, c’est à vous de partir », précise la juge. Il devra lui verser 1 236 € de dommages-intérêts.