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À Saint-Lyphard, ce cinéma associatif met le septième art à portée de tous... |
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Tous ont été ou sont projectionnistes bénévoles de l’association. Christophe Martinez (qui n’est plus dans l’association), Régis Delpeuch, bénévole, et Philippe Barrot (président de l’association). © Ciné-Phard
La sortie du week-end. À Saint-Lyphard, le cinéma se décline sous la forme d’une offre de proximité. Faute de salle ouverte toute l’année, une association propose un cinéma éphémère, installé une fois par mois et, le temps d’un week-end. Ce samedi 27 décembre, sera projeté « Jean Valjean », dans la salle Saint-Anne.
Depuis Saint-Lyphard, il faut parcourir environ 12 km, vers Saint-Nazaire ou Guérande, pour se rendre dans une salle de cinéma. Une distance qui peut freiner l’accès au septième art, notamment en soirée, lorsque les transports collectifs ne circulent plus.
Créée il y a vingt-deux ans, l’association Ciné-Phard est née de cette difficulté d’accès à l’offre culturelle. Un projet qui perdure depuis. C’est dans l’espace multiculturel Sainte-Anne, qui fait alors l’objet d’aménagements lors de la création de Ciné-Phard, qui ouvre l’espace proche de l’ambiance d’un cinéma, à l’exception des traditionnels fauteuils rouges.
Organisée en gradins, la salle offre une grande modularité et peut accueillir jusqu’à 185 spectateurs assis, ainsi que six places réservées aux personnes à mobilité réduite. Elle présente également l’avantage d’être « très bien insonorisée », vante Philippe Barrot, président de l’association.
Depuis sa création de cette salle, les films français sont le plus souvent plébiscités, observe-t-il. Le cinéma associatif ne se limite toutefois pas à un genre précis et puise dans un répertoire varié. Ciné-Phard fait partie d’un circuit itinérant, qui relève du mouvement Familles rurales : quatre salles en Loire-Atlantique se partagent le matériel de projection.
Des tarifs volontairement bas
Les films diffusés relèvent du deuxième circuit de distribution et sont disponibles quelques semaines après leur sortie nationale, ce qui permet de proposer des œuvres encore récentes. « Cela attire parfois des personnes qui ont manqué la projection en salle », note le président.
À l’année, l’association organise entre 55 et 60 séances, un week-end par mois. La majorité est destinée au grand public, mais une autre part est réservée aux scolaires et aux seniors. Le fonctionnement repose sur une dizaine de bénévoles, qui assurent les rôles de projectionnistes, guichetiers et communicants.
Les tarifs restent volontairement accessibles, avec un tarif enfant fixé à 3,50 €, afin de « maintenir une offre culturelle ouverte au plus grand nombre », souligne Philippe Barrot. Malgré cet engagement, la fréquentation « irrégulière » connaît un net recul. « Depuis septembre, elle s’effondre », constate Philippe Barrot, qui évoque un contexte économique difficile, sans exclure une remise en question de la programmation.
Pour tenter de relancer la dynamique, Ciné-Phard cherche à se renouveler et propose des formats inédits, comme des séances avec entracte ou des projections en plein air. Prochaine séance programmée ce samedi 27 décembre, avec la projection de « Jean Valjean », à 20 h 30, à l’espace culturel Sainte-Anne.