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Enquête, crack, caméras… Après les violences urbaines à Alençon, les autorités dressent le bilan

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photo  vingt-quatre véhicules ont été incendiés au cours du dernier épisode de violences urbaines du quartier de perseigne. du mobilier urbain a également été dégradé.  ©  ouest-france 1

Vingt-quatre véhicules ont été incendiés au cours du dernier épisode de violences urbaines du quartier de Perseigne. Du mobilier urbain a également été dégradé. © Ouest-France

Ce lundi 10 octobre, le préfet de l’Orne, Sébastien Jallet, le maire d’Alençon, Joaquim Pueyo, et la procureure de la République, Lætitia Mirande, sont revenus sur les violences urbaines qui ont éclaté dans le quartier de Perseigne, à Alençon (Orne), dans la nuit du 27 au 28 septembre.

Deux semaines après les violences urbaines qui ont éclaté dans le quartier de Perseigne, à Alençon (Orne), les autorités tirent un premier bilan de leur action. Le préfet de l’Orne, Sébastien Jallet, le maire d’Alençon, Joaquim Pueyo et la procureure de la République, Lætitia Mirande, ont détaillé le déroulement des faits, la nuit du 27 au 28 septembre. Ces violences, ils les relient au trafic de stupéfiant qui gangrène le quartier. Et assurent plancher sur un plan pour lutter, notamment, contre la consommation et le trafic de crack.

Personne n’a été identifié après les violences urbaines, des expertises biologiques en cours

Dans la nuit du 27 au 28 septembre, Perseigne a été le théâtre de violences urbaines d’une gravité extrême, pose le préfet de l’Orne, Sébastien Jallet. Vingt-quatre voitures incendiées, trois retournées, du mobilier urbain brisé… « Les policiers sont tombés dans un guet-apens. Ils ont subi une centaine de tirs de mortiers de la part d’une quarantaine d’individus, assure le préfet. Les forces de l’ordre ont répliqué par des tirs de « grenades lacrymogènes et de LBD ». Aucune victime n’a été déplorée. « Mais on sentait qu’il y avait une volonté de porter atteinte à notre intégrité physique » , insiste le commissaire Pascal Serrand.

La procureure de la République d’Alençon, Lætitia Mirande, rappelle que les assaillants étaient habillés en noir et dissimulaient leur visage. Ce qui a rendu impossible toute identification par les caméras de vidéosurveillance. Une enquête en flagrance a toutefois été ouverte et des expertises biologiques sur les projectiles utilisés la nuit des violences sont en cours. On espère que cela permettra d’élucider ces faits.

Après le refus d’obtempérer, la difficile interpellation du mis en cause

Dans le quartier de Perseigne, plusieurs jeunes assuraient, la nuit des violences urbaines, vouloir s’en prendre spécifiquement à un policier. Notamment parce qu’il aurait gazé une femme, plus tôt dans la journée. Des faits remis dans leur contexte par Pascal Serrand. Dans l’après-midi, un homme a effectué un refus d’obtempérer. Lorsqu’il a été rattrapé, sa famille a tenté d’empêcher son interpellation et un agent a bien fait usage de gaz lacrymogène. Mais c’était tout à fait proportionné.

De son côté, le préfet affirme qu’aucune plainte n’a été déposée à l’encontre des policiers après cette intervention. Et qu’eux ont été menacés de mort et outragés. Selon la procureure de la République, cette interpellation, au cours de laquelle un autre homme placé sous mandat d’arrêt a réussi à prendre la fuite, serait en lien direct avec les violences urbaines de la nuit. L’homme qui a fui est toujours activement recherché par nos services, confirme-t-elle.

Opérations coup de poing et travail au long cours pour démanteler les réseaux

Lætitia Mirande a également détaillé sa stratégie pour démanteler les réseaux de stupéfiants. Il faut à la fois des opérations coup de poing pour déstabiliser le trafic au quotidien et des enquêtes policières au long cours, avec des techniques d’enquête spéciales, pour couper les réseaux d’approvisionnement. La procureure estime d’ailleurs que malgré sa taille, Alençon connaît les mêmes problématiques de trafic que les grandes agglomérations.

Ainsi, entre janvier 2021 et septembre 2022, cent trente-deux opérations de démantèlement de points de deal ont été menées à Alençon. 34 kg de cannabis et d’herbe ont été saisis, ainsi que 580 g d’héroïne, 326 g de cocaïne et 46 g de crack, chiffre Sébastien Jallet. Une cinquantaine de consommateurs ont aussi été verbalisés. Le 14 septembre, des munitions, de la drogue et un atelier de fabrication de crack ont d’ailleurs été découverts dans la tour Pascal.

La Ville veut renforcer le nombre de caméras de vidéosurveillance

Pour Joaquim Pueyo, il ne faut pas qu’une minorité d’individus prennent tout un quartier en otage. Pour ce faire, le maire d’Alençon envisage d’augmenter le nombre de caméras dans la commune. Alençon est la 4e ville de France en nombre de caméras par habitant. Elles ont été très utiles pour guider les forces de l’ordre durant les violences urbaines, note l’édile.

Il annonce par ailleurs que deux policiers municipaux devraient arriver d’ici à la fin de l’année. Le directeur de la police municipale d’Alençon a récemment changé. Et l’élu envisage même d’en recruter davantage si nécessaire. Le préfet, quant à lui, se félicite de l’arrivée de cinq gardiens de la paix supplémentaire, depuis mars 2022.

Un plan de lutte contre le crack présenté avant 2023

Il est le point commun à la quasi-totalité des interpellations liées au trafic de stupéfiants : le crack. Depuis un peu plus d’un an, on se rend compte qu’il est devenu un fléau à Alençon, insiste le préfet de l’Orne.

Lire aussi : Crack à Alençon : notre enquête en quatre volets sur ce nouveau trafic de drogue

D’ici à la fin de l’année, nous présenterons un plan de lutte contre le crack. Il comportera un volet répressif, avec le harcèlement des points de deal, et un volet préventif. De nombreuses associations sont impliquées à Alençon, on compte s’appuyer sur elles.

 
Sacha MARTINEZ.    Ouest-France  

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