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Exposition à Tinchebray-Bocage. Un tableau, une histoire : une vache surnommée la réfugiée... |
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La vache à gauche sur le tableau a été appelée la réfugiée. © Ouest-France
L’exposition de peinture qui s’est ouverte samedi 20 septembre 2025, à la chapelle Sainte-Marie de Tinchebray-Bocage (Orne) remet en lumière des peintres, pour beaucoup disparus, qui avaient fait les belles heures de nombreuses expositions, autrefois.
L’exposition présentée jusqu’au dimanche 28 septembre 2025 à la chapelle Sainte-Marie de Tinchebray-Bocage a pour objectif de retrouver des œuvres représentant le Bocage et plus particulièrement Tinchebray. Le public est conquis par ces tableaux mais aussi par la présentation en photos de tous les calvaires du canton.
Un tableau a retenu toute notre attention, il n’a pas de nom précis sauf qu’il représente une ferme de Tinchebray à la Méhetière, même si le tableau est signé elle est inconnue mais c’est l’histoire de ce tableau qui est belle.
Une œuvre offerte en remerciement
 Nous sommes le 2 août 1944Â
, témoigne la personne qui à l’époque n’avait que 13 ans (il ne souhaite pas que son nom soit mentionné).  Nous avons dû évacuer vers Chanu dans un convoi de vingt-neuf personnes, issues du voisinage, mais aussi avec la directrice de l’institution Saint-Rémi, madame Garnier. Très âgée et impotente, elle était la sÅ“ur du curé, Augustin Garnier. Elle était accompagnée par madame Roger une enseignante de l’institution, pour l’aider et l’assister.Â
L’exode emmènera ce groupe constitué d’adultes et d’enfants dans un premier temps à Chanu, puis Messei et Bellou-en-Houlme.  Nous regagnerons notre village vers le 20 août tout sain et sauf.Â
 En récompense et remerciement madame Garnier envoya Melle Gautier, professeure de dessin, à la ferme. Elle nous a peint ce tableau qui représente la ferme. C’est pour remercier mes parents de l’avoir emmené lors de l’évacuation, le 2 août 1944.Â
Une vache de race normande figure sur la gauche du tableau.  C’est la vache d’un marchand de bestiaux de Cahagnes, monsieur Yvon qui passait avec quatre-vingt bêtes, que nous avons trouvées un soir dans un pré au bord de la rivière pour les abreuver. Le lendemain matin cette vache-là ne pouvait pas repartir, victime d’une boiterie, il l’a laissé à la ferme.Â
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À moitié prix
Au retour d’exode, la vache est retrouvée saine et sauve.  Mes parents ont appelé le marchand de bestiaux. Il est venu en nous disant qu’il en avait laissé des quantités le long de son périple mais très peu l’avaient rappelé. Il l’a laissé à moitié prix à mes parents, qui ont appelé cette vache la réfugiée.Â
Jusqu’au dimanche 28 septembre, exposition visible tous les jours à la chapelle Sainte-Marie, de 10 h à 18 h.