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Face aux incivilités à ce point d’apport des déchets de Lonrai, près d’Alençon, des caméras vont être installées... |
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Philippe Brossard vilipende les nombreuses incivilités au point d’apport collectif de déchets de Lonrai, dans l’Orne. © Ouest-France
À Lonrai, dans l’Orne, le point d’apport collectif de déchets est particulièrement sale et un habitant qui le fréquente se plaint des nombreuses incivilités. Il s’est fendu d’une lettre à la Communauté urbaine d’Alençon. Cette dernière va installer des caméras pour verbaliser les contrevenants.
Philippe Brossard, habitant de Lonrai, dans l’Orne, le dit tout net : « L’état du site me devient insupportable. » Il parle du point d’apport collectif du rond-point tout près de l’entreprise Nomatrans. Il faut dire que sacs-poubelles et déchets jonchent le champ juste en face, et les alentours, sur plusieurs dizaines de mètres.
« Il y en a partout dans un rayon de cent mètres ! » Pour lui, c’est lié aux dépôts sauvages récurrents dispersés par le vent. « Et encore, là , c’est relativement propre », par rapport à d’autres fois, selon lui.
Morceaux de fibres, pots de peinture, vieilles poubelles…
L’homme refait l’historique : « Il y a quelques années, la communauté urbaine a pris la décision de supprimer le ramassage des déchets en porte-à -porte. Auparavant, il avait lieu une fois par semaine pour les déchets ménagers et tous les quinze jours pour le tri sélectif. Désormais, nous avons trois points de collecte dans la commune. »
Il souligne que malgré cela, les Lonréens payent la même taxe concernant les ordures ménagères que les autres habitants de la Communauté urbaine d’Alençon (CUA), qui, pour certains, profitent d’un ramassage. « Moi, je dois prendre ma voiture pour apporter mes poubelles. Ça ne me dérange pas trop, mais ça peut poser problème pour des personnes âgées ou en situation de handicap. »

On trouve dans les poubelles des sacs mal triés. Ouest-France
Et puis, il vilipende ces dépôts sauvages. Pour lui, le lieu de ce point d’apport collectif est mal choisi : « Il y a beaucoup de passage à ce rond-point. Je pense que la plupart des incivilités ne sont pas du fait des gens de Lonrai. L’autre fois, j’ai trouvé des morceaux de fibre, mais aussi des pots de peinture dans les poubelles. » Il cite également de vieilles toilettes laissées au sol. Certains des bacs permettant de poser ses ordures ménagères sont totalement ouverts, il est donc possible d’y mettre de gros objets.

Le champ attenant est jonché de saletés. Ouest-France
L’homme s’est fendu d’une lettre ouverte, à l’attention du président de la Communauté urbaine d’Alençon, Joaquim Pueyo, et à l’ensemble des élus.
« On ne sait plus quoi faire d’autre que verbaliser »
Du côté de la collectivité, le sujet est connu. « L’entreprise qui collecte passe plusieurs fois par semaine », expose Jean-Michel Pichard, le directeur cadre de vie à la CUA.

Des déchets sont épars tout autour du point d’apport collectif sur des centaines de mètres. Ouest-France
Sur place, c’est désormais un secret de Polichinelle : on trouve une caméra dont tout le monde sait qu’elle est factice. Mais ça ne va pas durer. Communiquer et prévenir ne suffit plus : face à l’ampleur des incivilités, Patrick Cousin, vice-président en charge des déchets, annonce que des caméras de vidéosurveillance vont être installées : « On va rentrer dans le budget d’achat. On ne sait plus quoi faire d’autre que verbaliser. » D’ailleurs, ça a déjà commencé en d’autres lieux : « Il y en a à Alençon et à Saint-Germain-du-Corbéis. » Elles doivent être installées en 2026.
Concernant une éventuelle taxe d’ordures ménagère différenciée selon l’accès au service, Jean-Michel Pichard indique que cela coûterait à la collectivité : « C’est la mutualisation des coûts qui permet un tarif correct. » Celle-ci a augmenté en 2024 : « Mais avant, il n’y avait pas eu de hausse depuis 2013. »
« Nous avons parmi les tarifs les plus bas de l’Orne », appuie Pauline Betton, responsable du service déchets propreté.