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L’abeille noire de l’Orne, un emblème à sauvegarder dans le Perche... |
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De gauche à droite : Raymond Daman, Anick Bruneau et Angélique Creusier. © Ouest-France
Un panneau informatif sur l’abeille noire de l’Orne a été inauguré à Dame-Marie, vendredi 16 février 2024. Plusieurs autres panneaux vont fleurir dans le périmètre du Parc naturel du Perche pour sensibiliser la population sur les gestes à adopter.
Des panneaux informatifs sur l’abeille noire de l’Orne ont été inaugurés, vendredi, à Dame-Marie (Orne). Pour sensibiliser le public aux gestes à adopter pour sauvegarder cet emblème du Perche.
La nécessité de créer un sanctuaire
 Depuis près de quinze ans, l’Union apicole ornaise, relayée depuis 2013 par le Centre d’études de techniques apicoles (Ceta) Abeille noire de l’Orne, travaille à la protection et à la diffusion de l’abeille noire,
rappelle Raymond Daman, son vice-président passionné. Après des années d’efforts, un Conservatoire génétique a été créé en 2015 en partenariat avec le Parc naturel régional du Perche, sur la base d’un espace d’une dizaine de kilomètres autour de la Maison du Parc, à Courboyer, désormais dédié à la conservation de l’abeille noire.Â
Les qualités de l’abeille noire
 Présente depuis des millénaires, excellente récolteuse, d’une grande longévité, économe et rustique, l’abeille noire est adaptée à notre terroir et représente un atout résilience dans un contexte de réchauffement climatique,
renchérit Raymond Daman. Malheureusement, elle est gravement menacée, et ce, partout en France, par l’utilisation de pesticides de synthèse, la prolifération de parasites comme les varroas, l’appauvrissement des ressources alimentaires et surtout par les importations d’abeilles étrangères qui, si elles procurent à court terme une récolte plus importante, métissent les populations et appauvrissent son patrimoine génétique.Â
Un dialogue à maintenir entre agriculteurs et apiculteurs
Si le recours à des pesticides demeure nécessaire à certaines périodes, notamment dans la culture du colza, il suffirait de prévenir les apiculteurs environnants pour qu’ils enferment leurs abeilles le temps du traitement.  Une nuit suffitÂ
, commente Angélique Creusier, le maire de Dame-Marie, qui compte quelques amateurs. Car les apiculteurs sont de plus en plus nombreux  Entre 600 et 700, dont 450 adhérents à notre association,
se félicite Raymond Daman. Nous organisons pour eux une formation sur deux ans, avec une année supplémentaire de spécialisation pour ceux qui le désirent.Â
Le Parc du Perche associé à cette action
La présidente du Parc naturel régional du Perche, Anick Bruneau, inclut l’abeille noire de l’Orne à la liste des emblèmes de la région  au même titre que le cheval percheron, la vache normande, les pommes et les poires ».
Plusieurs autres communes du périmètre devraient bénéficier d’un panneau informatif similaire afin de matérialiser le conservatoire et d’informer la population sur les gestes à adopter.
Union apicole ornaise, www.u-a-o.info
Parc naturel régional du Perche, tél. 02 33 85 36 36. Mail : contact@parc-naturel-perche.fr