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L’histoire d’Argentan, l’autre cité ornaise de la dentelle... |
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Une vue aérienne d’Argentan dans l’Orne avec, au centre, l’église Saint-Germain. © Stéphane Geufroi / Archives Ouest-France
Sur les bords de l’Orne, cette cité normande s’est depuis longtemps fait un nom. Au cœur des conflits entre les royaumes de France et d’Angleterre, elle est devenue une destination illustre où l’artisanat et l’élevage équestre sont toujours reconnus parmi les meilleurs en France.
Ravissante petite cité nichée dans son écrin de verdure, Argentan s’épanouit au cœur même du pays du cheval. Longtemps, elle fut une ville militaire et aristocratique, ce qui explique sans doute le nombre important d’hôtels particuliers et de châteaux disséminés dans toute la région. Aujourd’hui, elle doit sa renommée à son riche passé industriel. Ici, tannerie et dentelle étaient florissantes. Au XVIIIe siècle, Argentan ne comptait pas moins de quatre manufactures royales.
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Ville-forteresse des rois d’Angleterre
Des premières fortifications d’Argentan, on ne sait que peu de choses, sinon qu’elles sont très anciennes. C’est Rollon, premier duc de Normandie, qui les fît bâtir, voire reconstruire, sur des vestiges gaulois ou gallo-romains. En 1046, le roi de France, tentant de s’emparer du duché normand, assiège la redoutable forteresse, détruisant ses remparts et y mettant le feu.

La tour Marguerite est l’un des derniers vestiges des fortifications médiévales d’Argentan (Orne). Archives Ouest-France
L’histoire d’Argentan est liée à celle du royaume d’Angleterre. L’actuel château est construit au début du XIIe siècle par Henri Ier Beauclerc. Vers 1360, la ville se dotera de deux enceintes : celle de l’intra-muros, composé de 16 tours, et celle du bastion lui-même qui en compte quatre, encore visibles, devenant l’une des plus importantes places fortes de Normandie.
Une destination illustre au Moyen Âge
Après la mort d’Henri Ier, Argentan devient le refuge de son héritière, Mathilde l’Emperesse. En 1150, alors qu’Henri II, le fils qu’elle a eu avec son deuxième époux Geoffroy Plantagenêt, monte sur le trône anglais, elle s’installe au château. Elle règle désormais le sort de la ville, crée les sergenteries nobles et établit une foire franche.
Dès lors, Argentan va accueillir les personnages les plus illustres de son temps. Henri II d’Angleterre, Aliénor d’Aquitaine et leurs enfants : Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. Mais ce dernier, médiocre monarque et duc, perd la Normandie au profit de Philippe Auguste. Argentan tombe aux mains des Français. Puis, c’est François II, duc de Bretagne, qui s’empare de la ville en 1465. Louis XI la reprend illico. Puis, lors des guerres de religion, Coligny et les protestants conquièrent la cité. En 1574, Jacques II Goyon, le seigneur de Matignon, à la tête de 6 000 catholiques, les chasse.
Le pays du cheval et de la dentelle
Au XVIIIe siècle, Louis XIV, désireux de trouver une terre propice à la production de chevaux pour contribuer à l’effort de guerre, avise le domaine du Buisson d’Exmes à une quinzaine de kilomètres d’Argentan. La qualité de ses pâturages et les facilités d’approvisionnement en eau en font un endroit parfait pour y installer un centre d’élevage et de dressage. Ce sera le désormais célèbre Haras du Pin. Il a encore aujourd’hui pour mission de promouvoir la filière équine et ses activités. Vous pourrez en visiter les jardins, le château, les écuries ou assister à un merveilleux spectacle équestre.

Dans l’Orne, Argentan est réputée pour sa dentelle, dont le point est d’une technicité impressionnante. Archives Ouest-France
Si l’on en croit la légende, la dentelle d’Argentan puise son origine dans le Moyen Âge. Le fils du prévôt des marchands de Paris, en villégiature à Argentan en 1378, tomba sous le charme du travail des artisans de la ville. Vrai ou pas, qu’importe, il est certain que la renommée de ce savoir-faire local incite Jean-Baptiste Colbert à faire installer une manufacture dans la cité. Aristocrates et riches bourgeois sont prêts à dépenser des fortunes pour se procurer les merveilles inventées ici. Notamment celles piquées au « point de France », très belles, mais aussi très longues à fabriquer, très chères, et qui deviennent les plus recherchées d’Europe… Un savoir-faire local toujours perpétué par les moniales de l’abbaye bénédictine.
Une balade entre nature et patrimoine (5,5Â km, 2Â h)

Ce circuit de 5,5 km vous emmène à la découverte du donjon, de l’église Saint-Germain, de la tour Marguerite et jusqu’au pont de l’Orne. Ouest-France
Accès : à Argentan, rejoignez l’office de tourisme situé dans la chapelle Saint-Nicolas, place du Marché.
Départ : de l’office de tourisme, prenez à droite puis à gauche le long du boulevard du Général-de-Gaulle. Vous passez au pied du donjon et apercevez l’hôtel de ville sur la droite. Tournez à gauche rue de l’hôtel de ville jusqu’à l’église Saint-Germain. Faites le tour de l’édifice et reprenez la rue Saint-Germain à droite jusqu’à la rue Aristide-Briand.
1. Au carrefour, tournez à gauche, suivez la rue des Vieilles-Halles et prenez à droite rue de la poterie. À 50 m, pénétrez dans la ruelle des Fossés de la boucherie à gauche. Au bout, virez à gauche vers la tour Marguerite puis tournez à droite rue aux Juifs. Poursuivez jusqu’au bout et revenez à gauche vers l’église Saint-Martin. Traversez ensuite la rue de la République et, à 50 m, virez à droite rue de la Vieille-Prison. Au bout, prenez à gauche la rue Pierre-Ozenne et continuez à droite rue du Griffon. À la place Henri-IV, descendez à droite, continuez rue de la Chaussée jusqu’au Pont de l’Orne.
2. Longez le fleuve à gauche. Au pont, traversez et empruntez l’allée à gauche. Longez le bras de l’Orne sur 200 m pour rejoindre la boucle des Pâtures. Faites-en le tour et revenez au pont. Retraversez et montez l’avenue. Passez le rond-point et virez à gauche dans la ruelle Neuves-des-Fontaines. Au bout, suivez la rue à droite jusqu’à l’office de tourisme.
Pratique
Se loger
Dans la rue de la République, de jolies chambres avec vue sur le jardin. Le Refuge du p’tit Fischer. 1, place des Trois Croix à Argentan. Tél. 02 33 67 05 43.
Une étape avant de rejoindre les plages du Débarquement. Au milieu d’un parc arboré et dans une atmosphère chaleureuse. Hostellerie de la Renaissance. 20, avenue de la 2e DB à Argentan. Tél. 02 33 36 14 20.
Se restaurer
Un restaurateur pas comme les autres qui revisite les recettes traditionnelles normandes. Le Bistrot de l’Abbaye. 23, rue Saint-Martin à Argentan. Tél. 02 33 39 37 42.
Savourez la bonne humeur qui règne dans ces lieux pour un moment gourmand et sympathique entre amis ou en famille. Le Comptoir de Maria. 4, rue Saint-Martin à Argentan. Tél. 02 33 67 53 32.