|
La Ferté-en-Ouche. Vent debout contre les projets éoliens... |
1
Les craintes sont réelles parmi les habitants, venus vendredi à la réunion d’information. © Ouest-France
Contre l’implantation d’éoliennes, l’APPO a conduit une réunion vendredi 25 septembre 2020 sur les « projets éoliens qui vont saccager les paysages et encercler La Ferté-Fresnel ».
Constituée après « une première alerte extrêmement forte des agriculteurs pour éviter qu’une déchetterie ultime ne s’installe à Monnai », l’APPO, Association pour la protection du Pays d'Ouche, est vent debout face aux projets d’installation d’éoliennes qui se concentrent dans un rayon de quelques kilomètres autour de La Ferté-Fresnel.
« La France est la première destination touristique mondiale. Si on ne fait rien pour lutter contre ces projets, le cadre de vie va complètement changer et il n’y aura plus aucun attrait touristique », redoute Luc Domergue, membre de l’association.
État des lieux
Quatre champs éoliens sont actuellement en service, à Family (cinq éoliennes), Mesnil-Rousset (trois), la Haye-Saint-Sylvestre (trois) et Échauffour (cinq). Une autorisation est accordée à la Goulafrière pour quatre éoliennes, un projet est en instruction à Anceins pour quatre éoliennes sur le site du Bois Seigneur et deux projets sont à l’étude à Mesnil-Rousset Notre-Dame-du-Hamel pour sept éoliennes et Mélicourt Saint-Pierre-de-Cernière. Enfin, « des conseils municipaux tels que La Gonfrière ou Saint-Nicolas-de-Sommaire font l’objet de nombreux démarchages de promoteurs ».
Le projet d’Anceins
L’implantation de quatre machines parmi les plus hautes et puissantes du marché terrestre est prévue sur un plateau dominant les Vallées de la Charentonne et de la Guiel avec des modèles culminant à 200 m, « des monstres d’acier, des éoliennes 50 % plus hautes que celles du Mesnil-Rousset, déjà immenses », explique Bruno Nottin, président de l’association. Il déplore « une mécanisation des paysages avec des structures visibles des faubourgs de Bernay à ceux de L’Aigle ».
De plus, « nous sommes allés sur place pour mesurer, plus de 200 riverains se situeront à moins de 1 500 m des éoliennes… c’est une menace directe pour les activités économiques à proximité immédiate, telles que le château de Resly, les entraîneurs de trotteurs, l’élevage de porcs et les chambres d’hôtes ». Il estime que « ce projet à proximité immédiate du Bois Seigneur, 1 000 m de la Guiel, 1 900 m de la Charentonne, des deux vallées nord sud classées Natura 2000 pour leur biodiversité est un mépris total de cette biodiversité. »
Outre la stérilisation des terres agricoles, l’impact meurtrier sur la biodiversité, les paysages défigurés, le mitage du territoire avec « deux ou trois éoliennes par-ci par-là au lieu de sept obligatoires avant l’annulation des mesures de sauvegarde prévues par le premier Grenelle de l’environnement » et l’emprise au sol importante avec 1 000 à 2 000 tonnes de béton armé par éolienne, l’implantation d’éoliennes présente des nuisances pour les riverains. Mais également des risques financiers pour les propriétaires fonciers bénéficiaires du système. « À terme, les éoliennes deviennent la propriété du bailleur et in fine, le démantèlement de l’éolienne qui a une durée de vie de vingt-cinq ans au maximum incombera au propriétaire ou à ses enfants… ou aux communes si les propriétaires ne sont pas solvables. Le coût du démantèlement peut aller jusqu’à 400 000 € par éolienne ! », ajoute Bruno Nottin.
Des nuisances sonores au quotidien
À Échauffour, les nuisances sonores sont le quotidien des habitants depuis l’installation de cinq éoliennes l’année dernière. « Plusieurs études ont été faites pour mesurer les décibels. La tolérance porte sur 3 dB au-delà d’un seuil plancher la nuit et 5 dB le jour… mais nous avons enregistré une différence de 19 dB la nuit et croyez-nous, vous ne pouvez plus dormir la nuit », assurent Éric Gervais et Michel, d’Échauffour. Autre exemple évoqué par Michel : « J’ai enregistré 45-48 dB derrière la maison, à environ 740 m des éoliennes, on n’entend plus que ça à longueur de journée. » Et outre les nuisances sonores, « nous avons énormément de témoignages de personnes ayant des problèmes de santé », ajoute Fanny Milcent-Baudoin évoquant également des problèmes sur les animaux. De son côté, Gwenaël, éleveur de trotteurs dans la commune déléguée de Couvains, est inquiet. « Je vais être entouré d’éoliennes. J’habite Couvains depuis dix ans, j’ai quitté la région parisienne pour élever mes chevaux en toute quiétude. Que pouvons-nous faire concrètement pour éviter ce massacre ? Je suis prêt à tout ! »
Pour tout savoir sur les projets éoliens dans un rayon de 20 km autour de La Ferté-Fresnel : eolien.infocanton.fr