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«Les fêtes en détention, c’est beaucoup de remise en question» : en prison en Normandie, il témoigne... |
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L’homme est détenu en semi-liberté à la prison de Condé-sur-Sarthe. © Ouest-France
À la prison de Condé-sur-Sarthe, ce détenu de 34 ans, qui sortira dans quelques jours, raconte comment il vit les fêtes de fin d’année. Et comment les précédentes se sont passées pour lui, alors qu’il était en détention.
Abdel est en prison depuis huit ans. Il revient ce midi de décembre au quartier de semi-liberté du centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne, où il est depuis trois mois pour finir sa peine, avec son colis de Noël. « Pendant cette période, on se rend plus compte de la réalité de la détention », assure l’homme de 34 ans. « Ce sont des moments où les gens se réunissent. On est privés de ces choses-là . »
Sa famille se trouve à Alençon. Il peut donc aller les voir « directement, sans téléphone, sans parloir, ça fait du bien. » Et puis, ses yeux s’illuminent, quand il parle de sa petite-nièce : « Elle a 1 an, elle commence à courir ! »
« J’ai un pied dehors »
Il doit sortir le 27 décembre 2024 : « J’ai déjà un pied dehors. » Il pourra aussi passer la journée du 24 avec ses proches, et devra rentrer le soir : « J’ai une permission. Merci madame la juge ! » s’enthousiasme Abdel.
Parce que l’an dernier, Noël, c’était en cellule : « C’est le vide, ça implique beaucoup de remise en question, mais aussi d’imagination. On pense à ce que l’on fera lors des prochaines fêtes de fin d’année, on rêve à l’avenir. » À l’heure des bonnes résolutions 2025, il sera un homme libre : « Je suis bien content de les prendre dehors ! On a tous nos addictions, mais j’ai fait un travail sur moi pour ne pas retourner en détention. »
Il a des projets : « J’ai réussi les tests en dessin de projet bâtiment, à l’Afpa (institut de formation pour adultes) de Nîmes. J’attends la prochaine session. C’est une nouvelle vie qui commence ! »